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Neutralité religieuse: les leaders religieux se prononcent sur le projet de loi 62

<b>Sébastien Froidevaux</b><br/>
<i>Grand Séminaire de Montréal</i>
Photo Prisca Benoit Sébastien Froidevaux
Grand Séminaire de Montréal

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​Les leaders religieux montréalais se réunissent vendredi pour discuter des questions entourant la neutralité religieuse et le projet de loi 62.

Catholiques, musulmans, anglicans, juifs et représentants des Premières Nations seront réunis sous un même toit à l’occasion du panel organisé par la Fondation du Grand Séminaire de Montréal. L’organisation veut aborder de front la laïcité, le vivre ensemble et la liberté de religion.

Selon le directeur de la Fondation, Sébastien Froidevaux, les spectateurs s’attendent à ce que les leaders religieux se prononcent enfin sur le projet de loi sur la neutralité religieuse.

« C’est le point chaud du panel, croit-il. Pour l’instant, il n’y a que les représentants de la communauté musulmane qui ont parlé de la question. Tous les autres sont restés silencieux. »

Controverse

Le gouvernement québécois a adopté en octobre son controversé projet de loi. Il oblige les employés d’organismes publics à offrir leurs services à visage découvert. Les citoyens qui reçoivent le service doivent aussi montrer leur visage, notamment dans les autobus.

« Est-ce qu’on veut vraiment expulser la religion de la sphère publique ou si on veut plutôt dire que les gens sont les bienvenus dans la différence ? » demande l’archevêque de Montréal, Christian Lépine.

L’homme d’Église ne comprend pas pourquoi les femmes portant le voile intégral doivent désormais montrer leur visage lorsqu’elles prennent l’autobus.

« J’ai pris l’autobus assez souvent dans ma vie et je n’ai jamais senti le besoin de devoir m’identifier au chauffeur, remarque-t-il. C’est quoi le problème ? »

Préjugés

La peur du monde religieux est toujours bien présente chez les Québécois, selon Sébastien Froidevaux.

« On a encore l’image de l’omniprésence de la religion catholique, alors qu’on n’est plus là du tout. »

Les religions musulmane et catholique sont particulièrement ciblées par les préjugés de la société, selon M. Froidevaux.

« On pense qu’il n’y a que des extrémistes dans le monde musulman, déplore-t-il. Dans le monde catholique, on croit encore qu’on est resté avant la Révolution tranquille. »

L’ancien maire de Montréal Gérald Tremblay avait l’habitude de rassembler les dirigeants religieux au moins une fois par année à l’hôtel de ville. Son successeur, Denis Coderre, préférait rencontrer les leaders individuellement.