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Au marché Saint-Jean-Baptiste

Vers 1930

Avant Après
Photo courtoisie des Archives de la Ville de Montréal, Le marché Saint-Jean-Baptiste vers 1930, VM94-Z157-1
Photo Chantal Poirier

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En passant par le marché

Employé à l’entretien du parc du Mont-Royal au début du 20e siècle, Prosper Bélec a l’habitude de s’arrêter après le travail au marché Saint-Jean-Baptiste, au coin nord-est des rues Rachel et Saint-Laurent. Il y achète fréquemment une poule vivante que son épouse Ida prépare pour le souper. Domiciliée sur la rue Rivard, entre Marie-Anne et Rachel, la famille Bélec réside dans l’ancienne municipalité de Saint-Jean-Baptiste. Aménagé en 1871, ce marché est le cœur de la communauté. À proximité, les bureaux de la poste et de télégraphie, et plusieurs commerces et hôtels ont pignon sur rue. Sous le regard des habitués, les agriculteurs viennent régulièrement vendre le fruit de leur labeur. Le soir, ils vont prendre un verre bien mérité à l’un des hôtels à proximité avant de reprendre le chemin de la ferme, le jour suivant. Sur Saint-Laurent, les charrettes des cultivateurs côtoient sur leur retour les voitures de tramway bondées.

Incendies, bagarres et insalubrité

À l’étage du marché, une vaste salle permet la tenue de spectacles et de réunions politiques, dont celles du conseil municipal. Délimitée par la rue Duluth au sud, le mont Royal à l’ouest, les avenues Mont-Royal au nord et Papineau à l’est, la municipalité de Saint-Jean-Baptiste voit le jour en 1861. Hors des limites de Montréal, les résidents échappent à ses règlements interdisant leur maison en bois et leur porcherie jugée nauséabonde. Imposant peu de taxes, le conseil municipal de Saint-Jean-Baptiste n’a pas les moyens de construire un aqueduc et un égout. Sans l’eau courante, les pompiers peinent à éteindre les incendies, plus fréquents comme la ville se densifie. Les quelques policiers n’arrivent guère à maintenir l’ordre lorsque les bagarres éclatent. Empestée par les écuries de la Montreal Street Railway, les abattoirs et les fours à chaux, la population de Saint-Jean-Baptiste finit par réclamer plus de salubrité. La municipalité s’annexe à Montréal en 1886, accédant ainsi à des services municipaux modernes et une réglementation plus stricte.

Le marché disparaît

Photo courtoisie des Archives de la Ville de Montréal, Marché Saint-Jean-Baptiste vers 1955, VM94-Z2230-1

En 1955, les charrettes ont laissé place aux camions et à de nouvelles halles. C’est en 1931 que les autorités municipales décident de réaménager complètement le vieux marché Saint-Jean-Baptiste. En ces temps de crise économique, ce sont les nombreux chômeurs embauchés pour les travaux publics qui se mettent à l’œuvre. Bientôt un beau bâtiment d’inspiration Art déco s’élève sur ce coin animé. À l’intérieur, le poissonnier et le boucher tiennent boutique tandis que les étals extérieurs accueillent les maraîchers. Arrivés à Montréal en 1946, Simcha Leibovich et Fanny Schwartz ouvrent une première épicerie dans les Halles afin d’offrir, entre autres, des produits destinés à la communauté juive. Mais la popularité grandissante des supermarchés entraîne la fermeture des Halles Saint-Jean-Baptiste, alors considérées en 1961 comme vétustes et insalubres. Démolies en 1966, elles sont remplacées par un stationnement. En 1990-1991, le parc des Amériques est aménagé en l’honneur de la communauté latino-américaine, dont la présence à Montréal s’accentue avec l’exil entraîné par la montée des dictatures en Amérique du Sud.


♦ Pour en savoir plus sur l’histoire de la municipalité et la paroisse de Saint-Jean-Baptiste, consultez le Dictionnaire du Plateau Mont-Royal de Justin Bur, Yves Desjardins, Jean-Claude Robert, Bernard Vallée et Joshua Wolfe, paru en 2017 aux Éditions Écosociété.

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