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Attention aux médicaments contre la grippe et le rhume

Les pharmaciens mettent en garde les malades contre les surdoses potentielles

Le pharmacien Gabriel Torani estime qu’il faut s’informer auprès d’un pharmacien, même pour acheter des médicaments en vente libre contre le rhume ou la grippe, et éviter les doubles doses accidentelles en prenant à la fois des comprimés et du sirop.
Photo Hugo Duchaine Le pharmacien Gabriel Torani estime qu’il faut s’informer auprès d’un pharmacien, même pour acheter des médicaments en vente libre contre le rhume ou la grippe, et éviter les doubles doses accidentelles en prenant à la fois des comprimés et du sirop.

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Les surdoses et les mélanges de médicaments en vente libre contre la grippe peuvent être très risqués pour la santé, disent des pharmaciens qui mettent en garde les malades à l’approche d’une forte saison.

« En vente libre ne veut pas dire pas dangereux », lance d’emblée le pharmacien propriétaire Gabriel Torani à propos des médicaments contre le rhume et la grippe.

Pilules, sirops, pastilles, tisanes et vaporisateurs, ce n’est pas l’offre qui manque dans les pharmacies.

« Tylenol grippe ou Advil rhume et sinus, c’est juste une question de marketing, parce qu’à l’intérieur, les décongestionnants sont les mêmes », explique à son tour le pharmacien Georges-Étienne Gagnon.

L’offre sur les tablettes est « phénoménal », souligne Gabriel Torani, alors qu’il n’existe au total qu’une dizaine de médicaments différents pour combattre les symptômes du rhume et de la grippe. Ce sont les marques et les mélanges qui changent.

« Tu peux avoir 10 sirops différents qui comprennent à peu près la même chose », précise-t-il.

Surtout, ils rappellent que le rhume et la grippe sont des virus qui ne nécessitent pas de traitements aux antibiotiques.

Très faible

« Avec ou sans médicaments, ça va durer sept jours », dit M. Gagnon. Ceux en vente libre servent uniquement à soulager les symptômes, poursuit-il.

L’activité grippale est encore très faible au Québec actuellement. À peine une quinzaine de cas ont été répertoriés la semaine dernière.

Néanmoins, les experts s’attendent à une forte saison, puisque c’est le sous-type H3N2 de l’influenza, plus virulent, qui risque d’être surtout présent cet hiver.

Mais lorsque vient le temps de contrôler ses symptômes, il est primordial de ne pas additionner des produits, car même si certains effets secondaires peuvent sembler bénins, les dangers augmentent en plus fortes doses.

Les pharmaciens racontent avoir souvent vu des patients prendre à la fois des comprimés et du sirop, par exemple, alors que les deux produits contenaient les mêmes médicaments. Ils se retrouvent donc ainsi avec une double dose.

Les décongestionnants sont des stimulants, comme la caféine, et font ainsi grimper la pression artérielle. Pour les patients qui ont déjà une pression artérielle élevée ou qui souffrent de problèmes cardiaques, ces médicaments peuvent être dangereux s’ils sont pris en trop grande quantité.

Advil et Tylenol

Gabriel Torani souligne aussi que la toux sert à faire sortir les sécrétions des poumons et que de les retenir à l’intérieur en prenant un produit antitussif peut créer de graves complications, comme une bronchite.

D’ordinaire inoffensif, l’ibuprofène que contiennent les comprimés d’Advil peut causer des ulcères d’estomac si un patient ne suit pas la posologie. Quant à l’acétaminophène des pilules de Tylenol, elle s’attaque au foie en trop grande quantité.

Vaut mieux reconnaître ses symptômes, comme la fièvre et les courbatures pour la grippe ou la congestion pour le rhume et choisir son médicament en conséquence.

Les erreurs à ne pas faire

Les « tout-en-un »

« La pire erreur [...] c’est de prendre les formules tout-en-un », lance le pharmacien Gabriel Torani, une mauvaise habitude chez certains malades. « C’est bourré de médicaments dont le patient n’a pas besoin parce qu’il a peut-être juste le nez qui coule ou une toux sèche », explique-t-il. Les médicaments peuvent alors amener des effets secondaires.

Antidépresseurs

Le pharmacien Georges-Étienne Gagnon souligne que les malades qui prennent des antidépresseurs devraient éviter les sirops DM, qui contiennent du dextrométhorphane, un antitussif répandu. « Il y a une interaction importante avec les médicaments contre la dépression », indique l’expert.

Dépendance

Les décongestionnants nasaux en vaporisateur sont efficaces, estime M. Torani. Par contre, tout malade ne doit pas les utiliser pendant plus de trois jours. Ces produits, qui contiennent de l’oxymétazoline, créent une accoutumance dans le nez. Même si le rhume part, le nez peut rester congestionné sans son utilisation constante.

Miel et pastilles

Comme le rhume et la grippe sont des virus, M. Torani remet en doute la pertinence des pastilles antiseptiques ou antibactériennes. « On s’entend que ce n’est pas un antibiotique, donc à quel point ça aseptise la bouche, point d’interrogation », laisse-t-il tomber. Quant à M. Gagnon, il avance que le sirop avec du miel peut aussi soulager les maux de gorge, selon des études. Par contre, avant de se soigner seulement avec du miel, vaut mieux en parler à son pharmacien, car une toux peut aussi être symptôme d’une bronchite ou pneumonie.