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Faut-il repousser l’âge de la retraite ?

Faut-il repousser l’âge de la retraite ?
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Une accalmie syndicale semble avoir tassé le sujet de l’âge de la retraite des lignes ouvertes et des manchettes des journaux. Pourtant, il faudra bien revenir tôt ou tard à la froide réalité. L’enjeu de l’admissibilité de la retraite pour les travailleurs est davantage mathématique que politique.

Avec le prolongement de l’espérance de vie et le vieillissement des populations, il faut parfois financer 30 années de revenus de retraite. Un défi de taille lorsqu’on observe la faiblesse des taux d’intérêt et l’augmentation des dépenses en santé. Comment parvenir à financer les retraites futures alors qu’on cumule des déficits et que les dettes collectives pèsent de plus en plus lourd ?

Dans le monde occidental, peu de gouvernements ont su affronter ce problème et modifier les normes en place. Soulignons qu’au Portugal et en Irlande, l’âge légal s’établit maintenant à 66 ans. L’Islande et la Grèce, deux pays durement touchés par la crise financière de 2008, ont repoussé la retraite à 67 ans. En 2021, en Italie, en Irlande et aux Pays-Bas, l’âge de la retraite sera aussi de 67 ans. L’Irlande a même statué qu’en 2028, on devra travailler jusqu’à 68 ans.

Encourager la flexibilité

Lors du 5e colloque annuel « Retraite, investissement institutionnel et finances personnelles » tenu le 7 novembre dernier à Québec, Denis Latulippe, professeur titulaire à l’École d’actuariat de l’Université Laval, considère que de maintenir l’âge de la retraite à 65 ans est utopique. Il a affirmé : « Prolonger la vie active des travailleurs qui sont en mesure de le faire, c’est très logique d’un point de vue économique* ».

C’est exactement ce que la culture des pays scandinaves encourage. La Suède et la Norvège permettent en effet de se retirer plus tôt qu’ailleurs (61 et 62 ans), mais les départs tardifs sont bonifiés tant par l’État que par les entreprises privées.

Les travailleurs âgés sont rentables

Maintenir en poste des employés de plus de 65 ans peut engendrer son lot de questionnements, mais rapidement, il faut se rendre à l’évidence. Lorsque des aînés en santé et ayant encore le feu sacré occupent des emplois spécialisés, leur vaste expérience rayonne dans l’organisation.

En plus de connaître tous les rouages de l’entreprise et sa culture, ils ont accumulé un bagage de connaissances pratiques qui ne s’enseigne pas. Même dans les meilleures universités. N’ayant plus de problèmes propres aux jeunes familles (écoles, garderies, congés pédagogiques et parentaux, rendez-vous médicaux, etc.), les travailleurs sexagénaires sont moins sujets à l’absentéisme.

Pourquoi travailler au-delà de 65 ans ?

  • Parce qu’on n’a pas suffisamment d’économies ou pour bonifier ses revenus de retraite
  • Parce qu’on est encore en excellente santé
  • Pour combler le manque de main-d’œuvre spécialisée
  • Pour transmettre son savoir-faire à des travailleurs plus jeunes
  • Pour demeurer actif mentalement et physiquement

*Propos recueillis par Conseiller.ca