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Encore plusieurs années de problèmes avec Phénix, avertit le vérificateur général

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OTTAWA | Le gouvernement canadien risque d’être plongé encore des années dans le dispendieux fiasco du système de paie Phénix puisqu’il ne sait toujours pas par où commencer pour régler les problèmes, affirme le vérificateur général.

«À notre avis, il faudra des années pour normaliser le système de paie, et bien plus que les 540 millions de dollars annoncés jusqu’à présent», tranche le vérificateur général du Canada, Michael Ferguson.

Pire, son rapport déposé mardi fait le parallèle avec l’État du Queensland, en Australie, qui a mis 7 ans et grugé 1,2 milliard de dollars pour régler un problème similaire.

Le vérificateur général du Canada, Michael Ferguson
Photo Boris Proulx
Le vérificateur général du Canada, Michael Ferguson

 

 


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Catastrophe

Le vérificateur général dresse un portrait catastrophique de la gestion de Phénix par Services publics et Approvisionnement Canada depuis la mise en service du système Phénix sous le gouvernement libéral, au début de l’année 2016.

Selon lui, Ottawa ignore encore les véritables sources des problèmes dans la paie de plus de 150 000 fonctionnaires. Un demi-milliard de dollars est ainsi soit versé en trop, soit dû à des employés du gouvernement.

Aucune solution à long terme n’a été élaborée, et aucune «structure de gouvernance» n’est en place, 16 mois après la mise en place de Phénix, s’inquiète-t-il.

Logiciel à problème

M. Ferguson constate que le logiciel Phénix n’est simplement pas en mesure de bien calculer la paie de près de 10 % des fonctionnaires dont les règles de rémunération sont trop complexes. C’est le cas des agents correctionnels ou des membres de la Garde côtière, par exemple.

En plus, on apprend qu’une bonne partie des nombreux problèmes de paie ont comme origine un mauvais arrimage avec les 200 programmes spécialisés des ministères qui sont intégrés à Phénix. Le gouvernement a commencé à analyser la source de ces erreurs sur le tard, en mars 2017, soit plus d’un an après la mise en place de Phénix.

Le vérificateur général pointe de graves problèmes de collaboration entre Services publics et Approvisionnement et les autres ministères, mais ne recommande pas pour autant de remplacer le logiciel Phénix.

Dans le noir

Le gouvernement a systématiquement minimisé le nombre de dossiers en attente, constate le vérificateur général. Il atteste qu’il existe 29 % plus d’opérations de paie bloquées dans le système que ce que le gouvernement déclarait aux médias et à la population jusqu’ici.

Il confirme qu’un employé sur deux était mal payé à la fin de son étude, en juin. C’est encore plus qu’au début de son examen, où le tiers des fonctionnaires était mal payé.

Son rapport incisif ne s’est pas penché sur les décisions du précédent gouvernement, comme la centralisation des spécialistes de paie à Miramichi, Nouveau-Brunswick, ce qui aurait fortement contribué à la situation actuelle. Ces aspects seront évalués dans un autre audit.