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Ouach, des Québécois !

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Le Journal révélait récemment le contenu d’une étude commandée par l’Office du tourisme de Québec.

Ce dernier, c’est sa mission, se demandait de quelle manière attirer davantage de touristes dans la capitale. Spontanément, il pensait miser sur le caractère français de la ville.

Tourisme

Mais là, surprise ! Une étrange conclusion s’est imposée en consultant les acteurs du milieu du tourisme : la langue française rebuterait les touristes américains ! Reformulons en d’autres termes : que le Québec serait beau sans les Québécois ! Plus simplement : ouach, des Québécois !

Cette vision des choses est révélatrice de ce qu’on pourrait appeler l’idéologie touristique. On la définira ainsi : il s’agit d’aménager nos pays non plus pour ceux qui les habitent, mais pour ceux qui les visitent, comme si notre époque voulait tout à la fois discréditer l’enracinement et donner une prime au nomadisme.

Une belle ville n’est plus qu’un décor à destination de ceux qui veulent s’y dépayser pour quelques jours. Mais il doit s’agir d’un dépaysement minimal ! On ne doit pas être incommodé par la langue nationale ou la culture locale ! On ne doit pas avoir à sortir de ses habitudes alimentaires ou musicales.

Le monde n’est plus qu’un parc d’attractions de décors désincarnés pour ceux qui vivent seulement à la surface des choses.

Voyons-y aussi une marque d’impérialisme culturel abrutissant : les Américains peinent à s’imaginer qu’on ne vit pas comme eux sur un continent dont ils croient avoir le monopole.

Mais cette étude révélait aussi quelque chose de triste sur la mentalité québécoise : les Québécois se sentent toujours de trop chez eux, comme si leur langue les enfermait dans un ghetto culturel inintéressant.

Mentalité

Imagine-t-on les Portugais expliquer que le portugais est un obstacle à la découverte du Portugal ? Ou les Allemands dire la même chose de l’allemand ? Ou les Italiens de l’italien ?

Il faudra un jour cesser de s’excuser d’exister.