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Un éleveur coupable de cruauté animale

Des renards, des chiens et des visons étaient maltraités

Les visons élevés par Jean-Luc Rodier à Saint-Jude, près de Saint-Hyacinthe, vivaient aussi dans de piètres conditions, comme en témoigne cette photo prise en 2014.
Photo d’archives, courtoisie SPCA Les visons élevés par Jean-Luc Rodier à Saint-Jude, près de Saint-Hyacinthe, vivaient aussi dans de piètres conditions, comme en témoigne cette photo prise en 2014.

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Un homme de la Montérégie qui élevait des renards et des visons pour leur fourrure a écopé récemment d’une amende de 5000 $ pour trois chefs de cruauté et de négligence animale.

Les accusations ne concernaient pas les visons, mais plusieurs renards que Jean-Luc Rodier élevait pour leur fourrure et deux chiens qui avaient dû être saisis. Deux renards avaient été euthanasiés d’urgence sur les lieux, « car ils étaient agonisants », affirme Sophie Gaillard, avocate au département de défense des animaux de la SPCA de Montréal.

Il sera donc interdit à Rodier de posséder durant 15 ans tout autre animal que des visons. L’homme de Saint-Jude en avait près de 10 000 en 2014, lorsque la SPCA est débarquée chez lui après une plainte de maltraitance contre lui.

« S’il poursuit ses activités d’élevage de visons, elles ne seront permises que sous supervision d’un vétérinaire. Nous ne savons pas pour le moment s’il va le faire, indique Me Gaillard. À notre connaissance, c’est la première fois au Canada qu’un éleveur d’animaux à fourrure se voit condamner pour cruauté animale. »

Le propriétaire de la ferme d’élevage Visons JNJ Inc. qui a plaidé coupable la semaine dernière au palais de justice de Saint-Hyacinthe devra aussi accomplir 75 heures de travaux communautaires.

« Un pas en avant »

Sophie Gaillard n’est qu’en partie satisfaite du verdict, puisque Rodier n’avait pas été mis en accusation concernant les visons même « s’ils étaient tenus dans des conditions s’approchant de l’horreur ».

« On voit quand même ça comme un pas en avant qu’il ait été accusé. Mais, c’était choquant comme scène. Ils se trouvaient dans de toutes petites cages métalliques. Ce qu’on déplore, c’est que ce soit encore légal en 2017 de traiter des animaux dans de telles conditions. C’est inacceptable au niveau du bien-être animal », lance-t-elle, courroucée.

L’avocate de la SPCA appelle au boycottage de l’industrie de la fourrure « puisque c’est le seul moyen de la combattre ».

« Pour eux, la mise à mort par électrocution anale ou par gazage est une norme dans l’industrie qui est légale. Si c’était des chats ou des chiens, ça ne passerait pas. Pourquoi c’est moins pire pour des animaux sauvages ? », se questionne-t-elle.