/finance/opinion/columnists
Navigation

Pas de quoi se péter les bretelles

Coup d'oeil sur cet article

Durant les cinq budgets de son actuel mandat, le gouvernement Couillard aura réussi à venir chercher dans les poches des contribuables 12,5 milliards de dollars de plus en revenus d’impôts, de taxes à la consommation, de droits et permis et de revenus divers.

Et, pour la même période, allant du premier budget 2014-15 à la fin du dernier budget 2018-19 du gouvernement Couillard, à combien évalue-t-on les « cadeaux » que son ministre des Finances Carlos Leitao donne à titre de réduction du fardeau fiscal des particuliers ?

À un montant de 4,6 milliards de dollars. Les cadeaux comprennent une réduction du taux d’imposition (d’une valeur de 1,9 milliard $) ; un supplément scolaire de 100 $ par enfant (223 millions $) ; et un montant global de 2,4 milliards $ pour couvrir l’abolition de la taxe santé et la bonification des primes au travail.

Que le gouvernement libéral consente finalement à alléger le fardeau fiscal de l’ensemble des Québécois... c’est en soi une bonne nouvelle.

Mais il n’y a pas de quoi se péter les bretelles. Mathématiquement parlant, le gouvernement de Philippe Couillard nous retourne en rabais d’impôts et de taxes à peine le tiers de ce qu’on lui aura versé en supplément de revenus fiscaux.

REDORER LE BLASON

Cela dit, avec les nouveaux cadeaux qu’il vient d’annoncer dans le cadre de sa mise à jour économique, le gouvernement Couillard tente de toute évidence de redorer son blason budgétaire en cette fin de mandat.

Ses premiers budgets axés sur l’austérité ont laissé des cicatrices partout dans les services gouvernementaux, mais plus spécifiquement en éducation, dans les services de santé, dans les programmes de soutien aux personnes et aux familles.

Résultats ? Oui ! les mesures d’austérité mises en place ont été fort efficaces en vue de redresser les finances publiques. À tel point d’ailleurs que depuis son premier budget, le ministre Leitao a réussi le tour de force de présenter chaque fois des surplus budgétaires. En voici les montants, avant déduction de la contribution au Fonds des générations :

  • Au 31 mars 2015 : + 136 millions $
  • Au 31 mars 2016 : + 3,6 milliards $
  • Au 31 mars 2017 : + 4,4 milliards $

Pour l’exercice en cours, le ministre anticipe cette fois un surplus de 2,2 milliards $. Et pour le prochain exercice 2018-19, il vise un surplus de 1,3 milliard $.

L’APPORT DU FÉDÉRAL

Et durant le mandat du gouvernement Couillard, deux autres facteurs ont contribué à l’assainissement des finances publiques, soit l’augmentation de 3,8 milliards $ au chapitre des transferts fédéraux et l’étonnante réduction de 1 milliard $ de dollars du service de la dette, en raison du refinancement de la dette à des taux d’intérêt nettement plus bas.

Une déception. Imaginez-vous que les entreprises du gouvernement (Hydro-Québec, Loto-Québec, SAQ, Investissement Québec, etc.) vont rapporter en 2018-19 presque 1 milliard $ de dividendes de moins que lors de l’exercice financier au 31 mars 2014.

Et notons que le gouvernement Couillard commence à réinvestir en éducation.

Il était temps !