/opinion/columnists
Navigation

Le petit chèque minable des libéraux

Les Québécois se laisseront-ils acheter par les chèques du gouvernement libéral et de son ministre des Finances Carlos Leitão ?
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark Les Québécois se laisseront-ils acheter par les chèques du gouvernement libéral et de son ministre des Finances Carlos Leitão ?

Coup d'oeil sur cet article

La manœuvre est grosse comme le nez au milieu du visage. Le gouvernement libéral a décidé d’acheter sa réélection en distribuant des chèques aux électeurs.

On comprend le message : après la pluie le beau temps, et après l’austérité le retour de l’argent. Les libéraux croient-ils vraiment que ça fonctionnera ?

Croient-ils, comme des petits cyni­ques de comptoir et autres gueulards de taverne, que l’électeur, finalement, ne pense qu’avec son portefeuille et qu’il est prêt à vendre son vote pour quelques dollars ?

Économie

Voient-ils les électeurs comme une collection d’individus à qui il suffit d’envoyer des billets pour les mobiliser lors des prochaines élections ?

Bien des commentateurs le croient, comme s’ils partageaient cette vision de la population. C’est le préjugé dominant de notre époque : l’économie serait la seule chose vraiment importante et le reste serait secondaire.

En politique, l’économie serait la seule affaire sérieuse, digne d’intérêt. C’est ce qu’on appelle aussi les « vraies affai­res ». On veut faire passer ceux qui ne réduisent pas le monde à l’économie pour des pelleteurs de nuages et autres farfelus vivant dans un monde parallèle.

Depuis toujours, les libéraux cherchent à se faire passer pour le parti de l’économie, alors qu’ils ne sont que le bras politique de notre bourgeoisie colonisée qui voit dans sa soumission au Canada une preuve de son réalisme financier.

Pourtant, certains électeurs veulent bien croire à cette propagande. Triste naïveté.

Aux prochaines élections, on peut seulement espérer que les électeurs ne se laisseront pas piéger par la stratégie gouvernementale. On espère qu’ils auront une vision d’ensemble de ce que devient la société québécoise.

À tout le moins, les partis d’opposition ne devraient pas eux-mêmes tomber dans ce piège qui les condamnerait à l’impuissance politique. Sur le terrain de l’électoralisme crasse, ils ne seront jamais les meilleurs.

Élections

On me pardonnera de faire ici une petite liste des questions que les électeurs devraient se poser.

Qu’en est-il du français à Montréal ? Est-ce que notre métropole parle toujours français ou se laisse-t-elle angliciser ? Est-ce que les francophones peuvent y vivre dans leur langue ou sont-ils traités comme des étrangers chez eux ?

Qu’en est-il de l’intégration des immigrants ? Est-ce qu’ils s’intègrent à la majorité francophone ou se laissent-ils transformer en Canadiens anglais vivant au Québec ? Se pourrait-il que le PLQ ait augmenté sans cesse l’immigration pour se reconstituer un électorat ?

Qu’en est-il de l’école ? Transmet-elle une véritable culture et de véritables savoirs, ou fabrique-t-elle toujours des ignorants dans des bâtiments moisis ?

Qu’en est-il de la qualité de notre démocratie ? Avons-nous repris confiance en nos institutions ou sommes-nous plus dégoûtés que jamais par les scandales qui empestent la vie politique ?

Qu’en est-il du système de santé ? Traite-t-il enfin les Québécois comme des êtres humains respectables ou sont-ils encore condamnés à des délais insensés ?

Aux prochaines élections, il faudra faire fonctionner ses neurones et ne pas se contenter de jouir en consommateurs du petit chèque minable du gouvernement libéral.