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Usage du français dans les commerces: des Québécois résignés

« Le français dans l’affichage commercial recule depuis 25 ans », affirme le 
porte-parole du Mouvement Québec français, Éric Bouchard.
Photo d’archives « Le français dans l’affichage commercial recule depuis 25 ans », affirme le porte-parole du Mouvement Québec français, Éric Bouchard.

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Pendant que certains commerces peinent toujours à servir des clients en français à Montréal, des organismes n’hésitent pas à dénoncer l’inertie des Québécois à revendiquer leurs droits.

L’an dernier, sur les 2973 plaintes reçues à l’Office québécois de la langue française (OQLF), seulement 18 % concernaient la langue de service des commerçants.

« Ce n’est pas la faute des anglophones ni des immigrants, mais bien celle des francophones », déplore le porte-parole du Mouvement Québec français, Éric Bouchard.

Selon ce dernier, certains francophones « qui ont développé le complexe du colonisé » auraient tout simplement peur de déplaire en revendiquant leur droit de se faire servir en français au Québec.

« Résultat : le français dans l’affichage commercial recule depuis 25 ans », soutient M. Bouchard.

Or, pour le mouvement Impératif français, « cette arrogance exprimée par un petit gérant francophone d’une boutique Adidas est éloquente », indique le président Jean-Paul Perreault.

« Même les francophones en sont rendus à s’excuser de parler français. Il faut le faire », ajoute-t-il.

Encore deux ans

À l’OQLF, on soutient que le dossier de l’affichage en français retient toujours l’attention.

Les commerçants ont encore deux ans pour se conformer à la nouvelle réglementation sur l’affichage extérieur. « Dès novembre 2019, les entreprises devront avoir un message en français sur leurs affiches sans être obligées de changer leur marque de commerce », indique le porte-parole de l’OQLF, Jean-Pierre Leblanc.

L’an dernier, plus de 70 % des plaintes déposées à l’OQLF relevaient de l’affichage public et commercial ainsi que de la langue de documentation de produits sur le web. L’OQLF soutient que 7 plaintes sur 10 enregistrées proviennent de la région de Montréal.

Or, malgré des milliers de plaintes, seulement sept entreprises ont été trouvées coupables depuis le début de l’année de ne pas avoir respecté la loi sur l’affichage en français, et elles ont été condamnées à des amendes totalisant 14 000 $.

Qui sont les actionnaires d’Adidas ?

  • Même si Adidas est basé en Allemagne, ses actionnaires, eux, proviennent de partout dans le monde... entre autres de Montréal.
  • Le holding GBL, contrôlé en partie par le conglomérat montréalais Power Corporation, détient une participation stratégique dans le groupe Adidas. GBL possède 7,5 % de l’entreprise. La société, à laquelle est affiliée la famille Desmarais, a commencé à investir dans Adidas en 2015. Cette participation représente aujourd’hui 14,8 % du portefeuille de GBL.
  • Pour le reste, le géant du sport est détenu à 87 % par des investisseurs institutionnels.