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Au coin Logan et Visitation

Avant Après
Photo Courtoisie de Daniel Heikalo, Épicerie Thibault au coin des rues Logan et de la Visitation en 1975.
Photo Ben Pelosse

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Chez Léo Thibault, épicier licencié

Par une fin d’après-midi d’hiver, en 1975, les enfants évitent de justesse un passant. Celui-ci se dirige à l’épicerie de Léo Thibault du 1647, rue de la Visitation. Situé au cœur du quartier ouvrier Saint-Jacques, ce commerce est fréquenté par tout un chacun : les enfants en quête de bonbons ou d’un « Kik Cola », les ménagères cherchant une « canne de bines Clark » pour compléter le repas, les hommes achetant une caisse de bière en revenant de l’usine. Les bicyclettes sous la fenêtre laissent présumer que Léo Thibault offre la livraison à domicile, notamment pour les lourdes caisses de « 24 ». Maintenant presque disparu, l’affichage en tant « qu’épicier licencié » révèle une pratique alors assez courante. Avant les années 1970, seuls les petits épiciers pouvaient détenir un permis de vente d’alcool (sans permettre sa consommation sur place), les supermarchés n’ayant pas encore ce droit. Chacun possédant sa spécialité, que ce soit la vente d’alcool, le comptoir-lunch ou la boucherie, ces commerces de quartier vivent leurs dernières belles années.

À la maison de Stanislas L’Archevêque

Avec sa tourelle en forme de chapeau de sorcière d’inspiration néo-Queen Ann, la maison L’Archevêque est l’un des édifices iconiques du quartier. C’est en 1891 que Stanislas L’Archevêque entreprend la construction de son épicerie, suivant les plans dessinés par le prolifique architecte Louis-Roch Montbriand. Si son ornementation éclectique attire le regard, il s’agit en fait d’une typique maison de faubourg, alliant les fonctions commerciales et résidentielles. Avec son appartement aménagé à l’étage, l’épicier-propriétaire jouit d’un emplacement privilégié à l’angle des rues de la Visitation et Logan. Même si de nos jours la maison L’Archevêque n’héberge plus de commerce, l’excellente préservation des éléments architecturaux d’origine, que ce soit ses élégants balcons ouvragés ou sa fausse mansarde en écaille de poisson, font honneur aux propriétaires qui ont succédé à M. Stanislas L’Archevêque.

Aux origines de la rue Logan

Avec ses portes-cochères et ses demeures de briques dont la porte donne directement sur le trottoir, la rue Logan rappelle les origines ouvrières de cet ancien faubourg. Le maire montréalais Camillien Houde et le dramaturge Marcel Dubé ont vécu leur jeunesse sur cette rue au nom écossais, anciennement la propriété de la famille Logan. Immigré en 1784, le patriarche James Logan était un simple boulanger. Ses affaires prospèrent, lui permettant d’acquérir plusieurs terrains, dont une terre agricole, occupée aujourd’hui par le parc Lafontaine. Son petit-fils, James le jeune, y développe une ferme modèle dotée d’une élégante demeure, la villa Rockfield. Le frère de James le jeune, William Edmond, devient un imminent géologue canadien. Dès 1872, l’urbanisation grandissante amène les Logan à faire lotir leurs terrains. Bientôt, les duplex et triplex accueillent les nombreux Canadiens français venus des campagnes pour travailler dans la grande ville.


► Pour en savoir plus sur la famille Logan, consultez le Dictionnaire historique du Plateau Mont-Royal de Justin Bur, Yves Desjardins, Jean-Claude Robert, Bernard Vallée et Joshua Wolfe, paru en 2017 aux Éditions Écosociété.

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