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Pour que l’argent aille dans nos coffres

Gab Dancause, entrepreneur
Photo courtoisie, Jessica Valoise Gab Dancause
Entrepreneur

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On va s’entendre sur quelque chose en partant : la raison principale pour laquelle la légalisation du cannabis est une bonne idée, c’est pour que le Québec puisse en taxer la vente.

Fumeurs et non-fumeurs s’entendent là-dessus. Ce n’est pas rien.

Avec cet argent, on va pouvoir faire tout un paquet de trucs intéressants comme soigner notre monde, éduquer nos jeunes et développer des infrastructures. Sur un marché de plusieurs milliards, ça en fait de l’argent !

En plus, ça fait de l’argent de moins pour les organisations criminelles. Il y a presque juste du bon, franchement, qu’est-ce qu’on attendait ?

Enfin bref, ça s’en vient. Merveilleux !

Le débat est réellement de savoir comment faire pour que le Québec se fasse un maximum d’argent, non ?

M. Comeau

Connaissez-vous Gérard Comeau ? M. Comeau est un résident de Tracadie qui a été arrêté en 2012 en possession de 14 caisses de bière et de quelques bouteilles de whisky. Il revenait alors du Québec.

La GRC l’avait mis à l’amende pour une infraction à la loi provinciale sur la possession d’alcool : il est interdit de détenir des quantités « déraisonnables » d’alcool acheté ailleurs qu’à la Société des alcools du Nouveau-Brunswick.

M. Comeau a contesté sa contravention, invoquant l’article 121 de la Loi constitutionnelle de 1867 selon laquelle, tous les biens canadiens devraient pouvoir circuler librement partout au Canada.

M. Comeau a remporté sa cause, qui sera maintenant entendue par la Cour suprême, et tout semblerait pointer vers une autre victoire. Ça pourrait éventuellement remettre en question le monopole de la SAQ.

Vente en ligne vs vente au détail

L’alcool n’est pas un produit idéal pour la vente en ligne. C’est gros. C’est lourd. C’est cassant. Ça va faire que la vente au détail risque de continuer de dominer le marché, même si M. Comeau gagne sa cause.

Par contre, le cannabis, lui, est petit, léger et résistant. Ça fait de lui, le produit idéal pour la vente en ligne. C’est facile et économique à expédier.

Comment le Québec peut-il donc espérer contrôler la vente en ligne quand même la loi qui lui permet de maintenir son monopole d’État sur la vente d’alcool est contestée devant la Cour suprême ? La réponse est que c’est presque impossible. La vente du cannabis va se passer principalement en ligne. Ça a déjà commencé, d’ailleurs.

Ce serait donc un retour à la case départ : la vente sera dans une zone grise juridique et les profits n’iront potentiellement pas dans les coffres du Québec, mais dans ceux de la province qui aura les lois les plus souples, les entreprises de vente en ligne s’installant là-bas.

Tant qu’à ça, positionnons-nous pour que les cannabis-entrepreneurs s’installent au Québec en leur offrant une loi souple et taxons-les ensuite pour construire des écoles, des routes et des hôpitaux.

Gab Dancause est programmeur, entrepreneur et propriétaire de GAB Café, un café pour travailler situé dans le Mile-End, à Montréal.