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Huit enfants autochtones sont disparus il y a 45 ans sur la Côte-Nord

femmes autochtones
Photo capture d'écran Christine Lalo ne sait toujours pas comment et pourquoi sont décédés ses trois enfants et où ils ont été enterrés.

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MALIOTENAM | Des femmes de la communauté de Pakuashipi sur la Côte-Nord se demandent toujours ce qui est arrivé à leurs enfants qui ont mystérieusement disparu en 1972 pendant un séjour à l’hôpital.

En 1972, huit enfants innus de la communauté de Pakuashipi sont disparus après avoir été envoyés à l’hôpital de Blanc-Sablon.

Christine Lalo a raconté mardi à la Commission d’enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées comment elle a perdu la trace de ses trois enfants.

Après être tombés malades, ils ont été amenés par hélicoptère pour se faire soigner, sans qu’elle puisse les accompagner. «Les femmes innues ne pouvaient pas embarquer», affirme Mme Lalo.

On lui a par la suite dit que ses enfants étaient morts.  Mais Christine Lalo s’est vu refuser le droit d’assister à leur enterrement. «On m’a juste dit qu’ils étaient morts. Je n’ai jamais pu connaitre leur emplacement au cimetière», relate-t-elle.

Agnès Poker a pour sa part perdu la trace de ses deux jeunes filles dans des circonstances semblables. Encore aujourd’hui, elle cherche à savoir ce qui leur est réellement arrivées. «Personne ne m’a informée de ce qui est arrivé à mes enfants. Ils sont où nos enfants?», se questionne-t-elle.

L’enquête nationale est de passage depuis lundi à Maliotenam, une communauté autochtone située à une quinzaine de kilomètres de Sept-Îles.

D’ici vendredi, une soixantaine de témoignages seront entendus par leurs commissaires lors de ce qui est le seul arrêt de l’enquête en sol québécois.

Agressions

D’autres femmes de la communauté de Pakuashipi ont témoigné hier des abus sexuels qu’elles auraient vécu lorsqu’elles étaient enfants.

Ces agressions auraient été commises par un missionnaire catholique qui agissait à titre de prêtre pour les Montagnais de la communauté au début des années 50.

Mary Mark n’avait que huit ans lorsque le religieux lui a demandé «de venir s’asseoir entre ses genoux». «Il a commencé a glissé sa main sous ma chemise et après m’a caressée vers le bas», a raconté la femme avec émotion.

Selon elle, il était impossible de dénoncer les agissements du prêtre en raison de sa position d’autorité. «Il était considéré comme un Dieu», assure Mme Mark.