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Le chef conservateur réclame la tête de Morneau

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OTTAWA | Le Parti conservateur a réclamé mercredi la démission du ministre des Finances, pris au cœur d’une tempête éthique qui ne veut pas mourir.

«J’exhorte Bill Morneau à démissionner de ses fonctions de ministre», a demandé le chef de l’opposition officielle Andrew Scheer, reprochant au grand argentier du pays d’avoir trahi la confiance des Canadiens.

Le premier ministre a assuré durant la période des questions qu’il avait encore «entièrement confiance» en son ministre des Finances, dénonçant une campagne de salissage.

Les conservateurs ont laissé entendre aux Communes lundi que M. Morneau avait vendu le 30 novembre 2015 un bloc de 680 000 actions de Morneau Shepell quelques jours avant de présenter une hausse d'impôts aux plus nantis.

Selon l’opposition, cette manoeuvre lui aurait permis de sauver 500 000 $, car à la suite de l’annonce, l’action de Morneau Shepell a perdu 5 % de sa valeur.

Dans la tourmente

Piqué au vif, Bill Morneau a menacé mardi les élus de l’opposition de poursuites s’ils répétaient en dehors de la Chambre leurs allégations à son endroit, des menaces réitérées mercredi. Le ministre a toutefois refusé d’indiquer s’il était l’auteur de la transaction.

Les tuiles ne cessent de s’abattre sur la tête de M. Morneau depuis la fin de l’été. Après avoir dû reculer sur des mesures de sa controversée réforme fiscale, il a été révélé qu’il n’avait pas placé ses actifs financiers dans une fiducie sans droit de regard.

D’ailleurs, la commissaire à l’éthique se penche en ce moment sur la position délicate de Bill Morneau en lien avec le projet de loi C-27 sur les prestations de retraite. L’opposition accuse le ministre de s’être enrichi après le dépôt de C-27, car Morneau Shepell, la compagnie familiale qu’il dirigeait avant d’être élu, s’occupe de fonds de pension.

Sur un siège éjectable?

En revenant constamment à la charge, l’opposition démontre que Bill Morneau est le «maillon faible» du cabinet Trudeau, a avancé un professeur de politique à l’Université Laval, Éric Montigny.

«On a rarement vu un ministre des Finances autant dans l’embarras. Les enjeux de la classe moyenne sont au cœur du message libéral. Si le message ne passe plus, il doit y avoir de la pression à l’interne pour du changement», a expliqué le spécialiste.

D’après lui, l’ampleur de la crise montre que le gouvernement n’a pas pris la situation au sérieux. «Si ça traîne, c’est parce que le gouvernement n’a pas répondu clairement aux questions», a-t-il analysé.