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Mauvaise habitude à casser

Anthony Mantha est en quête de constance

Pour connaître du succès dans la LNH, Anthony Mantha doit être constamment en mouvement.
Photo AFP Pour connaître du succès dans la LNH, Anthony Mantha doit être constamment en mouvement.

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DETROIT | Ils ont beau patiner plus rapidement et manier la rondelle avec plus de fluidité que leurs aînés, il y a une qualité que la grande majorité des jeunes hockeyeurs mettent du temps à acquérir en arrivant dans la LNH : la constance.

À sa deuxième saison avec les Red Wings de Detroit, Anthony Mantha ne fait pas exception. L’attaquant a amorcé la campagne en force en marquant 10 buts à ses 19 premiers matchs. À ce moment, il occupait le sixième rang des buteurs du circuit, ex eaquo avec de grosses pointures telles que Auston Matthews, Vladimir Tarasenko, Jamie Benn et James Neal.

Puis, le calme plat. Au cours des six dernières rencontres, l’attaquant originaire de Longueuil n’a fait bouger les cordages qu’à une seule occasion.

« Il a bien commencé, puis il a traversé une période au cours de laquelle il ne jouait pas assez bien. Cependant, depuis les trois derniers matchs, il est meilleur », a mentionné Jeff Blashill, le pilote des Red Wings.

« Ce n’est rien d’inquiétant. Je dois simplement travailler un peu plus fort et m’attarder aux petits détails. C’est comme ça que les buts vont venir », a déclaré Mantha, à l’auteur de ces lignes, mercredi, au terme de l’entraînement de son équipe.

En effet, il n’y a rien de bien inquiétant. Après tout, Mantha pourrait très bien atteindre le plateau des 30 buts, lui qui en avait marqué 17 l’an dernier, en 60 matchs.

Difficile à chasser

Ces détails dont il fait mention consistent à s’assurer d’être toujours en mouvement.

« Le problème d’Anthony se résume au fait qu’il ne bouge pas ses pieds de façon constante, a précisé l’entraîneur. À 6 pieds, 5 pouces [et 225 livres] et avec les habiletés qu’il possède, quand il bouge ses pieds, il est difficile à contenir. »

Du même souffle, Blashill a souligné que Mantha travaille sur cet aspect depuis qu’ils ont fait connaissance au sein du club-école de l’équipe, à Grand Rapids (en 2014-2015).

Pourquoi est-ce si long ?

« C’est une question de casser une mauvaise habitude. Toute sa vie, il a été capable d’obtenir du succès en restant pratiquement immobile. Il en est conscient et ça lui tient à cœur, mais changer une habitude, comme tout le monde sait, c’est un long processus », a-t-il expliqué.

Une problématique d’équipe

En fait, l’inconstance ne semble pas être que le lot de Mantha dans le tout nouveau vestiaire des Red Wings. Les représentants du Michigan fonctionnent par séquences depuis le début de la campagne.

Après un surprenant début de saison au cours duquel ils ont remporté quatre de leurs cinq premiers matchs, les Wings ont maintenu un dossier de 0-5-1. Une hécatombe suivie d’une période faste de 6-2-1 avant que tout ne s’écroule de nouveau lors de leurs cinq dernières sorties (0-3-2).

« La clé, c’est notre attaque massive, a noté Mantha. Chaque fois qu’elle a bien fonctionné, on a connu une bonne séquence. Chaque fois qu’on a connu des difficultés, ce fut l’effet inverse. »

À titre d’exemple, au cours de leur passage fructueux de six gains en neuf matchs, les Wings ont inscrit huit buts en 21 avantages numériques (38,1 %). Mantha a profité de cette période pour enfiler quatre des cinq buts qu’il a marqués en supériorité numérique depuis le début de la campagne.

Division serrée

Bref, l’inconstance des Red Wings les place dans la même situation précaire que le Canadien. Par chance, les deux formations évoluent dans la division Atlantique, la division la plus faible du circuit Bettman.

« C’est fou. À l’exception de Tampa et Toronto, toutes les équipes sont à peu près à deux points d’écart [on peut aussi exclure Buffalo]. Il faut trouver une façon de demeurer dans le top trois de notre division. Viser une place d’équipe repêchée [wild card], ce sera vraiment difficile, a reconnu Xavier Ouellet. Dans les cinq derniers matchs, on en a perdu trois en prolongation. Il faut trouver le moyen d’aller chercher le deuxième point. »

Les deux confrontations qui viennent entre le Tricolore et les Red Wings pourraient avoir une incidence capitale sur l’accession de l’une ou l’autre de ces deux équipes en séries éliminatoires.