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Bill Morneau défend son père face au feu nourri de l'opposition

Conf�rence de presse de la Directrice-G�n�rale du FMI Christine Lagarde
AFP

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OTTAWA | «Il n’y a pas de secrets.» «Personne en dehors du gouvernement ne savait.» «Je ne sais pas quand mes actions ont été vendues.» Confronté à de nouvelles allégations jeudi, le ministre des Finances Bill Morneau s’est défendu de façon parfois décousue face à un barrage de questions de l’opposition.

Le réseau Global a révélé jeudi après-midi que le père de M. Morneau aurait vendu 200 000 actions de la compagnie familiale Morneau Shepell, et ce, avant l’introduction le 7 décembre d’une nouvelle mesure fiscale qui aurait fait chuter de 5 % le prix du titre en bourse.

Ces nouvelles révélations ont poussé l’opposition à faire monter la pression sur le ministre. Conservateurs et néo-démocrates cherchent à savoir depuis lundi si Bill Morneau est l’auteur d’une transaction de 680 000 actions de Morneau Shepell survenue le 30 novembre 2015 et qui lui aurait permis de sauver 500 000 $.

Les échanges aux Communes ont été si survoltés jeudi qu’un député conservateur albertain, Blake Richards, a dû être expulsé.

Coïncidence?

«Le ministre et son père ont vendu des millions de dollars d’actions de Morneau Shepell. Est-ce seulement une coïncidence?», a demandé à plusieurs reprises le porte-parole conservateur en matière de Finances, Pierre Poilievre.

Le Nouveau Parti démocratique a quant à lui défié les menaces de poursuite proférées par le ministre depuis mardi en posant d’abord à l’extérieur des Communes, où ne s’applique pas l’immunité parlementaire, une question sur la vente d’actions. «Est-ce que quelqu’un, quiconque, n’importe qui, était au courant de l’annonce que le ministre allait faire avant qu’elle soit rendue publique?», a questionné le député de Rosemont Alexandre Boulerice.

Si le ministre Morneau a offert davantage de détails que dans les derniers jours, ses réponses semblaient parfois contradictoires. Il a répété à maintes reprises qu’il n’y avait «pas de secrets», tout en maintenant qu’il n’avait aucune idée du jour où ses actions ont été vendues.

Le grand argentier du pays a également insisté plusieurs fois pour dire que ses mesures fiscales étaient annoncées dès la campagne électorale de l’automne 2015, tout en répétant que «personne en dehors du cercle restreint du gouvernement» n’était au courant du contenu de ces mesures avant leur annonce.

Après la période des questions, Bill Morneau a précisé aux journalistes que c’est son conseiller financier qui a géré la vente de ses actions, et que son père, lui, avait agi de façon complètement indépendante.

«Les décisions de mon père sont les siennes et les siennes seulement», a dit le ministre. Il a d’ailleurs accepté jeudi de parler en français après avoir refusé de le faire mardi dernier.

Dans la tourmente

Les tuiles ne cessent de s’abattre sur la tête de M. Morneau depuis la fin de l’été, à tel point que l’opposition officielle a réclamé sa démission mercredi.

Après une volte-face sur des mesures de sa controversée réforme fiscale, il a été révélé qu’il n’avait pas placé ses actifs financiers dans une fiducie sans droit de regard.

La commissaire à l’éthique se penche également sur la position délicate de Bill Morneau en lien avec le projet de loi C-27 sur les prestations de retraite. L’opposition accuse le ministre de s’être enrichi après le dépôt de C-27, car la firme Morneau Shepell s’occupe de fonds de pension.