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À la Banque Royale coin Sainte-Catherine E. et Amherst

1936

Avant Après
Photo courtoisie des Archives de la Ville de Montréal. Saint-Jacques. Intersection Amherst – Sainte-Catherine. 1936. VM94-Z114
Photo Ben Pelosse

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Des passants à la mode

Pour aller à la banque, faire les courses chez Hartney ou Woolworth, acheter le journal au kiosque du coin ou prendre le tramway en allant au travail, les Montréalais(es) s’assurent d’être toujours élégants(es). Le manteau long a la cote en 1936. Chez Dupuis Frères, les manteaux de laine des lignes princesse et swagger sont en vedette cette année-là, agrémentés d’un col de faux mouton de Perse ou de fourrures de castor, lapin ou phoque. Copiant les actrices de cinéma, les femmes portent leur chapeau légèrement incliné sur le côté. Chez les hommes, le traditionnel paletot est porté sur un costume trois-pièces. Le couvre-chef est également de rigueur : le chapeau de feutre pour les hommes d’affaires et la casquette « plate » ou à « l’irlandaise » pour les travailleurs. Contrastant avec la mode exubérante des années folles, ces coupes simples sont typiques de cette décennie marquée par la crise économique et les pénuries de textiles.

Le « Ice cream parlor » Electra

À la veille d’une représentation au cinéma Electra à côté, ce « Ice cream parlor » est rapidement dévalisé par les spectateurs en quête d’un soda, de bonbons ou d’un casse-croûte. Avec les débuts du cinéma s’installe une nouvelle habitude : celle des gâteries que l’on achète pour quelques sous pour se régaler en regardant les aventures de nos héros préférés. L’un des pionniers de l’industrie cinématographique montréalaise, le Grec George Ganetakos, avait décelé l’attrait des spectateurs pour les sucreries. Il faut dire que les projections filmées sur le mur adjacent du bar laitier de son oncle, le Cosy Parlor, lui avaient donné un bon laboratoire pour observer le phénomène. Devenu confiseur, il installe un bar laitier au Moulin Rouge, le premier « scope » de sa carrière. L’idée du jeune entrepreneur est rapidement imitée par d’autres, comme les propriétaires de ce « Ice cream parlor », également d’origine grecque. Devenus très lucratifs de nos jours, les comptoirs à friandises et maïs soufflé permettent la survie de bien des cinémas.

À la Banque Royale

Aujourd’hui bien solitaire sur le coin sud-est des rues Sainte-Catherine E. et Amherst, cet ancien immeuble a perdu son lustre d’autrefois. À l’origine, l’édifice appartenait à la Quebec Bank. Celle-ci l’avait fait construire en 1906 dans un style d’inspiration Beaux-Arts. Fondée en 1818, cette concurrente de la Banque de Montréal offre des services bancaires aux marchands de Québec, de Montréal et de l’Ouest canadien. Un siècle plus tard, l’heure est aux fusions : la Banque Royale acquiert la Quebec Bank le 13 octobre 1916. La succursale de la rue Sainte-Catherine E. à l’angle Amherst est conservée après la fusion et réaménagée à l’arrivée des nouveaux propriétaires. En pleine expansion, la Banque Royale détient, en 1920, 22 succursales dans l’agglomération montréalaise, chacune d’entre elles dirigée depuis son siège social dans le Vieux-Montréal. La Banque Royale occupe sa succursale du 1100, Sainte-Catherine E. jusqu’en 1993.

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