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Une pharmacie volante dans un pénitencier

Réseau de drogue et de cellulaires démantelé à Sainte-Anne-des-Plaines

Plusieurs détenus du pénitencier Archambault se sont fait livrer des cellulaires et toutes sortes de stupéfiants par la voie des airs.
Photo Agence QMI, Martin Alarie Plusieurs détenus du pénitencier Archambault se sont fait livrer des cellulaires et toutes sortes de stupéfiants par la voie des airs.

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Les autorités carcérales ont coupé les ailes d’un réseau de contrebande de drogue et de téléphones cellulaires largués par des drones au pénitencier à sécurité moyenne Archambault, à Sainte-Anne-des-Plaines.

En guise de punition, deux des principaux revendeurs ont été transférés au pénitencier à sécurité maximum de Donnacona, où l’on fait la vie dure à l’utilisation de cette technologie par les détenus.

Aldo Franchini, un Montréalais incarcéré pour homicide involontaire et Leonard Freedom Ballantyne, privé de sa liberté pour un meurtre commis dans l’Ouest canadien, ont contesté leur transfert devant les tribunaux, mais le juge Louis Dionne vient de donner raison au service correctionnel.

<b>Aldo Franchini</b></br>
<i>Détenu</i>
Aldo Franchini
Détenu

Sorties interdites

En juillet dernier, Le Journal rapportait que la direction du « max » de Donnacona y avait interdit les sorties à ses détenus dans la grande cour extérieure durant 45 jours parce que le pénitencier avait reçu la visite de drones.

Pot, hasch, héroïne...

Cette décision de la Cour supérieure montre qu’à l’instar des prisons provinciales, les pénitenciers fédéraux ne sont pas immunisés contre ce phénomène.

Le réseau du pénitencier Archambault s’était fait livrer « d’importantes quantités » de cellulaires, de tabac, de haschisch et même d’héroïne, d’après la direction.

Les agents correctionnels ont aussi appris qu’un drone téléguidé avait livré dans la cour extérieure 1000 billes d’hydromorphone – un dérivé de la morphine – et de la « wax », une sorte de résine de cannabis cinq fois plus puissante que la marijuana vendue sur le marché noir.  

Liés au crime organisé

« Plusieurs détenus impliqués » dans le réseau étaient associés au crime organisé puisque la contrebande par drone « nécessite des contacts et moyens à l’extérieur des murs que peu de détenus possèdent », a témoigné un responsable de la sécurité carcérale.

Franchini et Ballantyne sont considérées comme des « relations » de gangs de rue.

Le premier était relié aux « 18 » – un gang d’allégeance rouge du secteur Saint-Léonard – et n’avait que 18 ans quand il a été arrêté pour avoir poignardé mortellement un autre jeune à l’été 2011.

Aucune accusation criminelle n’a toutefois été portée contre eux relativement à ces activités de contrebande.

Avant leur transfert à Donnacona, ils ont été envoyés au « trou » (en isolement) en guise de mesure disciplinaire comme plusieurs autres complices.


Joint par Le Journal, le Service correctionnel du Canada (SCC) n’a pas voulu préciser le nombre exact de prisonniers sanctionnés dans ce dossier et ne pouvait préciser le nombre d’intrusions par des drones dans ses pénitenciers en 2017. 

Zone de turbulences

  • 106 vols de drones recensés dans les 19 prisons québécoises entre avril 2016 et mars 2017 (27 en 2015-2016).
  • 20 incidents impliquant des drones dans les pénitenciers fédéraux au Québec entre 2013 et 2016, dont 9 à celui de Cowansville.
  • 3 détenus En juin 2017, trois détenus du pénitencier de Donnacona ont été arrêtés quand leur livraison de drogue par drone a été contrecarrée. Ils ont plaidé coupables et écopé de peines d’incarcération variant entre six mois et deux ans.