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Le Journal chez les Markov: la famille avant tout

Andreï Markov et son épouse Sonya Sonechka sont heureux de ne vivre qu’à une heure de vol de Moscou avec la petite Vasilisa (un an et demi) et les jumeaux Andrey et Mark (six ans et demi).
Photo Jonathan Bernier Andreï Markov et son épouse Sonya Sonechka sont heureux de ne vivre qu’à une heure de vol de Moscou avec la petite Vasilisa (un an et demi) et les jumeaux Andrey et Mark (six ans et demi).

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KAZAN | Les priorités d’un athlète de 38 ans sont bien différentes de celles des jeunes loups qui cherchent encore à faire leur place dans la LNH. Alors que ces derniers sont parfois prêts à accepter n’importe quelle offre pour poursuivre leur rêve le plus longtemps possible, les vétérans en fin de carrière ont le luxe d’analyser leur situation avec quelques pas de recul.

Des discussions avec d’autres équipes de la LNH, Andreï Markov confirme qu’il en a eu. Mais jamais celles-ci n’ont passé près de déboucher sur une offre intéressante.

« Ce n’était rien de vraiment concret. Certaines équipes me demandaient de patienter quelques semaines, d’autres préféraient même attendre l’ouverture des camps d’entraînement », a expliqué le défenseur lors du généreux entretien livré en tête-à-tête avec le représentant du Journal de Montréal.

Avec des jumeaux âgés de six ans, tout juste rapatriés de Russie et toujours en période d’adaptation après le drame vécu quelques mois plus tôt, pas question de vivre dans l’incertitude ni de jouer les égoïstes.

« Ça a été une décision difficile, mais à ce moment, j’ai décidé de faire passer ma famille avant moi. Nous avons choisi ce qui serait le mieux pour les enfants », a déclaré Markov, également père d’une fillette d’un an et demi (N.D.L.R. Son fils aîné de 16 ans habite à Moscou et joue dans l’organisation du Dynamo).

Jamais un autre chandail

« Nous », c’est lui et Sonya Sonechka, celle avec qui il a convolé en justes noces au cours de l’été.

Voyant qu’il serait impossible de s’entendre avec Marc Bergevin et le Canadien, le couple a fait le point sur sa situation. C’est à ce moment que l’idée de joindre les rangs d’une formation de la KHL a sérieusement été envisagée pour la première fois.

« C’est certain que (l’option de la KHL) allait être plus facile pour moi parce que toute ma famille habite en Russie, mais que c’était à lui de décider », a raconté Mme Sonechka, originaire de Saint-Pétersbourg.

« Je lui ai dit : c’est toi qui sais ce qu’il y a de mieux pour ta carrière. Il m’a répondu : je ne serai pas capable d’enfiler un autre chandail de la LNH. »

La liste Sonechka

Dès lors, il était déterminé que, après 16 saisons et 990 matchs dans le circuit Bettman, tous dans l’uniforme du Canadien, la carrière du Russe se poursuivrait sur le Vieux Continent.

Markov étant en demande, le téléphone s’est mis à sonner. Ce qui a incité sa conjointe à prendre les devants.

« Je ne devrais pas parler de ça, a-t-elle lancé d’un rire gêné. Mais, je lui ai demandé, pour le bien de notre famille, de limiter ses choix à Moscou, Saint-Petersbourg ou Kazan. Je ne voulais pas qu’on soit trop éloignés des grands centres. Je pensais aux écoles, aux médecins et à tous les services. En plus, nos amis et nos familles ne sont qu’à une heure de vol, à Moscou », a-t-elle ajouté.

Un anniversaire avec maman

Étant donné que le SKA, le Spartak, le Dynamo et le Vityaz évoluent tous dans la région de la capitale russe, la liste comportait tout de même, en ajoutant le CSKA de Saint-Pétersbourg et le AK Bars de Kazan, un éventail de six formations. On a déjà vu des épouses plus exigeantes...

Le choix s’est finalement arrêté sur Kazan. Au grand plaisir de Mme Sonechka... et de maman Markov.

« Le 20 décembre, ce sera la fête d’Andreï. Pour une rare fois, sa mère pourra fêter avec lui. Au cours des 16 ans de carrière d’Andreï, elle n’est allée qu’une seule fois à Montréal. Pour elle, c’était trop loin, a-t-elle souligné. Tu sais, 70 ans en Russie, ce n’est pas comme 70 ans en Amérique. Physiquement, les gens sont plus vieux. La vie y a été plus difficile et le soleil plus rare. »

Le temps sera donc venu de rattraper un peu de ce précieux temps perdu.

 

Le drame un an plus tard

 

« Sonya est merveilleuse. Je sais que ce n’est pas une situation facile pour elle. Voilà pourquoi je dis que je suis une personne chanceuse. »

Il y a un an, la famille d’Andreï Markov était frappée par un drame effroyable. Après une longue bataille contre le cancer des ovaires, Natalia Streckova, l’ex-conjointe du défenseur rendait l’âme, laissant dans le deuil ses jumeaux Andrey et Mark, alors âgés de cinq ans.

Andreï Markov et son épouse Sonya Sonechka sont heureux de ne vivre qu’à une heure de vol de Moscou avec la petite Vasilisa (un an et demi) et les jumeaux Andrey et Mark (six ans et demi).
Photo Jonathan Bernier

Dans une entrevue exclusive accordée au Journal de Montréal, en février, Markov avait raconté comment l’intervention de sa future épouse avait permis à la souffrante de quitter ce monde en paix. Une rencontre que Sonya Sonechka n’oubliera jamais.

« Il y avait beaucoup de tristesse. Elle savait que son cancer était incurable. On a parlé. On a jasé longtemps à propos des enfants (qu’elle ne connaissait pas vraiment à ce moment), raconte-t-elle la voix remplie de sensibilité. J’ai posé beaucoup de questions sur eux. Je voulais les rencontrer et les connaître. »

« C’était important pour moi de l’assurer que je m’occuperais bien de ses enfants, poursuit-elle. Je voulais qu’elle sache que je me foutais totalement de la vie qu’Andreï avait eue auparavant et qu’on formerait une famille. »

Maman est une étoile

Bien que triste à l’idée d’être incapable de voir ses enfants grandir, Mme Streckova est partie avec sérénité sachant que les petits Andrey et Mark seraient entre bonnes mains.

Andreï Markov et son épouse Sonya Sonechka sont heureux de ne vivre qu’à une heure de vol de Moscou avec la petite Vasilisa (un an et demi) et les jumeaux Andrey et Mark (six ans et demi).
Photo Instagram

« Avant de mourir, elle a dit à sa mère qu’elle était heureuse que ce soit moi, et non quelqu’un d’autre, qui s’occupe des enfants. Alors, j’essaie de lui faire honneur et d’être une bonne mère pour eux. »

Difficile de dire, un an plus tard, que la vie a repris son cours normal pour les deux gamins. Mais leur air espiègle confirme qu’ils la savourent pleinement, à la hauteur des petits garçons de 6 ans et demi qu’ils sont devenus.

« Pour l’instant, ils ne parlent pas beaucoup de leur maman. Ça arrivera sûrement lorsqu’ils seront plus vieux et qu’ils en seront davantage conscients », croit-elle.

« Mark semble un peu plus sensible à la situation. Habituellement, les enfants m’appellent Sonya. Mais parfois, petit Andrey s’échappe et m’appelle maman. Chaque fois, Mark le reprend en lui disant de ne pas m’appeler comme ça, que leur maman est au ciel et qu’elle est une étoile », prend-elle soin d’ajouter en gardant un œil sur la patinoire où ils s’activent en compagnie des autres garçons de leur âge.

Entre la garderie et l’aréna

Andreï Markov et son épouse Sonya Sonechka sont heureux de ne vivre qu’à une heure de vol de Moscou avec la petite Vasilisa (un an et demi) et les jumeaux Andrey et Mark (six ans et demi).
Photo Jonathan Bernier

Si elle comble la vie des jumeaux par son amour et ses attentions, ceux-ci comblent son temps.

« Elle les trimballe partout. De la garderie à la patinoire, de la patinoire à la garderie. Elle s’implique constamment, louange Andreï. Ils s’entendent tous très bien. Ils ont du plaisir ensemble. Je suis content de voir ça et je suis heureux de l’avoir dans ma vie. »

Malgré l’horaire chargé, qui implique également d’élever la petite Vasilisa, un an et demi, Mme Sonechka ne rechigne pas.

« Grâce à eux, je suis une hockey mom !, lance-t-elle dans un éclat de rire. Ils veulent devenir des joueurs de hockey. Ils m’ont dit que lorsqu’ils seraient plus vieux, ils nous achèteraient un avion. Et que pour ce faire, ils devaient devenir des vedettes de la LNH. Comme papa ! »

Toutefois, il est tôt pour savoir s’ils évolueront à la ligne bleue comme leur paternel.

« Ils sont trop jeunes pour ça. Petit Andrey ne sait même pas encore de quel côté il est le plus à l’aise avec son bâton. Un jour, il joue gaucher et le lendemain, il joue droitier. »

Au moins, avec cinq séances d’entraînement par semaine avec l’Académie de l’AK Bars, petit Andrey devrait bientôt être branché.

 

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