/sports/hockey/canadien
Navigation

Le métro qui mène à la Ligue nationale

Charlie Lindgren sait qu’il peut y faire sa place

Charlie Lindgren
Photo Chantal Poirier Le récent séjour de Charlie Lindgren avec le Canadien l’a convaincu qu’il a sa place avec l’élite. «Je sais que je peux jouer dans la Ligue nationale», fait-il valoir.

Coup d'oeil sur cet article

Charlie Lindgren est à une quarantaine de minutes du Centre Bell par métro. Une affaire de rien. C’est rapide et sans détour. Mais le chemin le séparant de la Ligue nationale n’est pas aussi fluide. La route est parsemée d’obstacles.

Lindgren a repris son train-train quotidien avec le Rocket de Laval après avoir disputé huit matchs dans le rôle de gardien attitré du Canadien. Pendant près de trois semaines, il a expérimenté ce que Carey Prive vit quotidiennement.

L’environnement est très différent à Laval. Le Rocket est éclipsé par le Canadien. C’est vraiment un autre monde.

« À Montréal, j’avais une quinzaine de caméras dans la face, ce qui n’est pas le cas ici, raconte Lindgren avec un sourire.

« La pression était plus grande avec le grand club. Mais une fois sur la glace, peu importe l’équipe avec laquelle on est, le travail est le même. Notre boulot consiste à performer de façon à aider notre équipe à remporter des victoires. »

Les pieds sur terre

Lindgren savait très bien qu’il retournerait dans la Ligue américaine lorsque Price reprendrait du service avec le Canadien. Il sait que ça s’inscrit dans son cheminement. Mais il ne se plaint pas. Au contraire, il se considère comme privilégié.

« J’ai la chance de gagner ma vie en pratiquant le sport que j’aime », dit-il.

Le jeune homme a les pieds sur terre. Il a de l’entregent aussi. C’est avec plaisir qu’il s’est prêté à la séance de photos que notre photographe Chantal Poirier a réalisée devant la station de métro Montmorency, située près de la Place Bell, à deux pas de l’appartement qu’il habite.

Avant de partir, il a fait le bonheur d’un étudiant qui a pris un selfie avec lui.

Père modèle

Quand on lui demande s’il avait des modèles dans sa jeunesse, il nomme son père en premier lieu.

Ses parents sont propriétaires depuis une quinzaine d’années d’une pépinière à Minneapolis, au Minnesota, fondée par son grand-père paternel il y a plus de 50 ans. Son père y travaille pour ainsi dire depuis toujours. Dans son adolescence, Charlie transportait les plantes vers les véhicules des clients.

« J’ai adoré travailler avec mes parents, continue-t-il. En les côtoyant dans leur commerce, j’ai vu toute l’ardeur qu’ils mettent au travail. Cela a contribué au développement de ma personnalité. Ça m’a permis de rester humble. »

Comme une attaque personnelle

Grand partisan des célèbres Gophers de l’Université du Minnesota, il passait ses soirées du vendredi et du samedi à assister à du hockey universitaire. Il lui a fallu de temps, cependant, avant de penser qu’il pourrait faire carrière dans le hockey. Aucune équipe junior ne l’a repêché, mais qu’à cela ne tienne, il n’était pas question pour lui de jouer ailleurs que dans les rangs universitaires.

Après deux saisons avec l’école secondaire de sa ville natale de Lakeville, il a joué deux ans avec le Stampede de Sioux Falls (Dakota du Sud), de la USHL, circuit tremplin vers la NCAA. Son désir d’être repêché par une organisation de la LNH ne s’est toutefois pas concrétisé.

« Je me suis demandé quel était le problème », dit-il.

« Je l’ai pris comme une attaque personnelle. J’avais connu une très bonne saison à ma deuxième année dans la USHL. J’ai suivi les deux premières rondes du repêchage avant d’aller jouer au tennis avec des amis, question de m’éloigner de tout ça. Je ne voulais pas m’imposer trop de pression.

« Les Jets de Winnipeg m’ont appelé pour m’inviter à leur camp d’entraînement. Je suis entré à l’Université Saint Cloud State, où j’ai vécu des moments extraordinaires. Je peux dire avec le recul que c’est la meilleure chose qui me soit arrivée. »

Prédestiné au Canadien

Lindgren était peut-être destiné à joindre l’organisation montréalaise. Les amateurs qui s’intéressent au hockey de la NCAA savent que le logo de l’équipe de hockey de Saint Cloud est inspiré de celui du CH.

De plus, le dessin qui ornait son masque, une œuvre de son père, comprenait le masque de Ken Dryden.

Lindgren a connu trois excellentes saisons à Saint Cloud. À sa dernière année, il a conservé une fiche de 30-9-1, une moyenne de 2,13 buts accordés et un taux d’arrêts de ,925.

C’est à ce moment que le Canadien lui a fait signe. Peu après sa sortie de l’université, il a battu les Hurricanes de la Caroline à son premier départ dans la LNH, le 7 avril 2016 à Raleigh. Il a remporté deux autres victoires en Floride et à Detroit à la fin de la saison dernière avant de prolonger sa série victorieuse à cinq au début de novembre dernier.

Son jeu blanc à Chicago et son premier match au Centre Bell deux jours plus tard, qu’il a remporté contre les Golden Knights de Vegas, figurent parmi les meilleurs moments de sa jeune carrière.

Les victoires ont été plus rares par la suite (1-4-1), mais il a réalisé une chose en retournant à Laval.

« Je sais que je peux jouer dans la Ligue nationale », affirme-t-il avec conviction.

Où se voit-il dans un an ?

« C’est une bonne question, mais je n’en ai aucune idée », répond-il.

« Je sais très bien que Carey Price est destiné à jouer encore longtemps à Montréal. Je me concentre sur le présent. Mais dans un an, j’aimerais jouer au plus haut niveau. »

« C’est un pro » –Sylvain Lefebvre

Charlie Lindgren
Photo Martin Chevalier

Sylvain Lefebvre n’a observé aucun changement d’attitude chez Charlie Lindgren depuis son retour avec le Rocket de Laval.

« C’est un pro », dit l’entraîneur du club-école du Canadien.

« Sur la glace comme en dehors de la glace, il fait toujours les bonnes choses. De notre côté, on a la responsabilité de bien gérer son emploi du temps. En ayant trois gardiens (Zachary Fucale, Michael McNiven et Lindgren), on peut lui dire de se reposer quand on le juge nécessaire.

Sylvain Lefebvre. Entraîneur en chef du Rocket
Photo Martin Chevalier
Sylvain Lefebvre. Entraîneur en chef du Rocket

« Charlie a été soumis à une grande pression durant son séjour avec le grand club. L’équipe n’allait pas très bien. Il s’imposait de la pression pour faire gagner le club. Il a connu une baisse d’adrénaline à son retour avec nous. Il a repris les heures de sommeil qui lui manquaient. Mais il faut l’attacher un peu. Si on ne lui disait pas de prendre congé d’entraînement certains jours, il serait le premier à sauter sur la glace. »

Développer une force

Lefebvre voit en Lindgren un athlète dévoué à son travail.

« Quand tu n’es pas repêché, tu dois développer une force qui te permet de te démarquer », dit-il.

« Tu dois avoir de bonnes habitudes. Tu dois faire en sorte que ça devienne inné. C’est ce qui fait la force de Charlie. Il ne possède pas le physique de Ben Bishop (qui fait 6 pieds 7 pouces) ni le style de Carey Price. Mais il a de bons réflexes et il déploie de l’ardeur au travail. C’est un compétiteur. »

Pour sa part, Vincent Riendeau, qui s’occupe du développement des gardiens de l’organisation, explique que le séjour de Lindgren avec le grand club n’a rien changé à sa situation.

« On avise nos joueurs en commençant qu’on n’a pas à parler de choses comme celle-là », indique-t-il.

« Le mandat reste le même. On veut qu’ils s’améliorent tous les jours, peu importe qu’ils se trouvent avec le grand club ou le club-école. C’est tout ce qu’on peut demander. »

 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.