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Les membres d'Option nationale ont entériné la fusion avec Québec Solidaire à 90,7%

Le chef d’Option nationale Sol Zanetti et le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois.
Arnaud Koenig-Soutiere Le chef d’Option nationale Sol Zanetti et le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois.

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Les membres d'Option nationale ont entériné la fusion avec Québec Solidaire à 90,7%, dimanche, à l'occasion du congrès du parti qui se tenait à l'Université Laval.

« Je pense que nous écrivons aujourd’hui une page d’histoire dans le mouvement indépendantiste qui inspire les moments de grands débuts », a lancé, ému, le chef d’ON Sol Zanetti dans les instants suivants le dévoilement des résultats.

« Ça s’est passé, la dernière fois, il y a assez longtemps au Québec », a-t-il enchaîné, évoquant 1968, l’année de la création du Parti Québécois.

Avec cette fusion, le parti unifié conserva le nom de Québec Solidaire, alors qu’Option nationale deviendra « un collectif » à l’intérieur du parti. La nouvelle formation politique sera « indépendantiste et progressiste de tout bord, tout côté », s’est réjoui Sol Zanetti.

« C’est extraordinaire de savoir qu’il y aura, aux prochaines élections, un pôle extrêmement fort d’indépendantistes assumés, sans ambiguïté. En fait, il n’y aura qu’un seul pôle, parce que les seuls à s’engager à faire l’indépendance dans le prochain mandat, ce sera nous », a-t-il affirmé.

Le co-porte-parole de QS Gabriel Nadeau-Dubois, fort satisfait du dénouement des votes, a lui aussi le regard rivé vers prochaines élections, en octobre prochain.

« C’est une très belle journée pour le mouvement indépendantiste, pour la gauche, pour tous les gens qui veulent transformer le Québec pour vrai. Le prochain rendez-vous, c’est le 1er octobre 2018 », a réagi le député solidaire de Gouin.

Fronde chez Option nationale

Parmi les 303 membres ayant droit de vote, environ une cinquantaine ont fait dissidence en claquant la porte du congrès à quelques heures de l’issue du scrutin.

Le groupe, avec en tête l’ex-président national du parti Jocelyn Beaudoin, estime que des « accrocs démocratiques » ont été commis par le Conseil national d’ON.

Ils clament que le vote a été « noyauté » par des membres recrutés dans les semaines précédant la tenue du congrès, qui « ont pris leur carte pour venir influencer le choix des membres ». Les dissidents réclamaient la démission du chef Sol Zanetti et la suspension du vote.

Réagissant à ce « bras d’honneur » à la suite de la victoire du « oui », M. Zanetti s’est défendu d’avoir recruté « massivement » de nouveaux membres, bien qu’il ait concédé avoir travaillé pour ramener des « membres et des candidats » inactifs dans le giron du parti.

Il a toutefois assuré que le vote s’est tenu selon les règles prévues par le Conseil national, ajoutant que « la légitimité démocratique du vote est totale ».

« Il pouvait être prévisible que ceux qui sont en défaveur de la fusion fassent un bras d’honneur. Ils ont utilisé la tactique idéale pour attirer l’attention des médias. Ça reste 40 personnes sur un congrès de 300 personnes », a-t-il nuancé.

« Si c’est ça une opération de noyautage, on n’a plus le noyautage qu’on avait », a ironisé Gabriel Nadeau-Dubois.

Les dizaines de membres réfractaires ont laissé planer la possibilité de lancer un nouveau parti politique, ce qui est « bien leur droit », a concédé M. Zanetti, mais ce ne serait « pas la meilleure chose qu’on peut faire pour le Québec ».

Du pain sur la planche

La prochaine étape pour le parti unifié est la création d’un comité de transition, qui réunira des membres des deux formations politiques.

« [Le] comité va avoir une mission à la fois très simple et ambitieuse, soit de réussir la fusion pas juste des têtes dirigeantes, mais aussi des membres et des énergies », a précisé M. Nadeau-Dubois.

Québec Solidaire s’est engagé à « donner son appui » à trois candidatures parmi celles proposées par Option nationale aux prochaines élections, dont celle de Sol Zanetti. La circonscription dans laquelle il se présentera n’a toujours pas été déterminée.

Par ailleurs, le chef d’ON a dit « espérer d’autres rassemblements », invoquant une « réconciliation » des forces souverainistes qui ne fait « que commencer ».