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Naïveté politique

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En politique, la candeur n’est pas vue comme une qualité, la ministre Joly l’apprend à la dure depuis son « entente » Netflix. Cependant, devant la chambre de commerce, elle a mieux maîtrisé la ligne de son gouvernement. Elle s’est bornée à dire : « Je n’ai pas fait une politique fiscale, mais une politique culturelle ». Bref, elle aura appris dans les derniers mois à faire un ricochet vers son collègue Bill Morneau qui ne cesse de se retrouver sous pression entre les scandales éthiques et la taxe Netflix.

Entendre et écouter

La ministre semble avoir compris que pour se tirer d’affaire elle n’avait qu’à répéter : je vous ai bien entendus. Cela m’a fait rire jaune. Dans le milieu associatif, nous entendons parfois la phrase suivante : « L’exécutif en prend bonne note ». C’est une façon de dire je vous ai entendus, mais je ne vous écoute pas vraiment.

J’ai l’impression que la ministre nous a fait un peu le coup cette semaine. Elle n’a cessé de nous dire « votre appel est important pour nous », en continuant de nous faire attendre sur la ligne. Pour un service aux citoyens, nous avons vu mieux.

Pouvoir citoyen

Le problème, c’est que nous sommes, comme citoyens, habitués de se faire dire que nos préoccupations sont importantes, sans vraiment avoir le pouvoir de changer les choses.

C’est d’autant plus frustrant dans cette situation que le milieu culturel, le milieu des affaires et les citoyens québécois sont quasi unanimes et demandent collectivement au gouvernement d’agir et d’imposer des taxes à Netflix.

C’est aussi comme dans le dossier de la Davie, où notre premier ministre Couillard est descendu avec les citoyens dans la rue pour demander à Ottawa de bouger, sans succès. Peut-être finalement que le problème réside dans ce double gouvernement ? Peut-être avons-nous besoin d’une plus grande autonomie ?