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Une amitié qui perdure

Malgré la distance qui les sépare, Markov et Subban sont toujours de grands amis

Alexeï Emelin et P. K. Subban ont assisté au mariage d’Andreï Markov et de Sonya Sonechka, l’été dernier. Markov et Subban étaient de bons amis lorsqu’ils jouaient avec le Canadien et le sont encore aujourd’hui.
Photo d’archives Alexeï Emelin et P. K. Subban ont assisté au mariage d’Andreï Markov et de Sonya Sonechka, l’été dernier. Markov et Subban étaient de bons amis lorsqu’ils jouaient avec le Canadien et le sont encore aujourd’hui.

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KAZAN | Andreï Markov le taciturne et P.K. Subban l’exubérant. La personnalité des deux joueurs a beau sembler aux antipodes, il n’en demeure pas moins que les défenseurs ont développé une amitié durable.

« J’ai toujours entrevu une bonne relation avec P.K. C’est une grande personne et un grand joueur de hockey, a indiqué Markov durant son généreux entretien avec le représentant du Journal de Montréal. Je me souviens, quand je l’ai appelé pour lui annoncer que je me mariais, il m’a immédiatement assuré de sa présence. Il est venu à mon mariage, c’était très spécial pour moi. »

Le jour de ses noces, à Moscou, Markov était accompagné de trois coéquipiers avec qui il avait déjà défendu les couleurs du Canadien. Si la présence d’Alexeï Emelin ou Nikita Nesterov n’avait surpris personne sur les clichés que la femme de l’athlète russe avait publiés sur son compte Instagram, celle de Subban en avait fait sursauter quelques-uns.

Alexeï Emelin et P. K. Subban ont assisté au mariage d’Andreï Markov et de Sonya Sonechka, l’été dernier. Markov et Subban étaient de bons amis lorsqu’ils jouaient avec le Canadien et le sont encore aujourd’hui.
Photo Ben Pelosse

Son numéro au plafond ?

Comment un joueur que certains avaient pourtant qualifié de distraction dans le vestiaire et dont on avait remis en doute les qualités de coéquipier pouvait-il avoir été invité au mariage d’un collègue ?

« C’est le premier coéquipier d’Andreï que j’ai rencontré. Il me l’avait présenté en me disant que c’était son bon ami », a indiqué Sonya Sonechka, incrédule à propos de l’étiquette qui avait été accolée à P.K. « Ils s’appellent et s’envoient des messages texte très souvent. Ils sont constamment en contact.

« Ils sont vraiment proches. Quand P.K. est parti à Nashville, Andreï était triste, car il perdait un bon ami », a-t-elle ajouté.

D’ailleurs, lors du récent passage du Canadien à Nashville, Subban a confié au collègue Jean-François Chaumont qu’au moment de sa retraite, Markov mériterait certainement de voir son numéro, le 79, flotter dans les hauteurs du Centre Bell.

« C’est certain que je serais très heureux de voir mon numéro accroché là-haut, mais je ne me sentirais pas à l’aise, a admis Markov. Lorsque vous observez ceux qui sont déjà au plafond, vous voyez des légendes, des joueurs qui ont gagné une multitude de coupes Stanley et de trophées individuels. »

Markov n’a jamais soulevé le précieux saladier d’argent ni gravé son nom sur le trophée Norris, remis au meilleur défenseur. Néanmoins, avec ses 572 points, il occupe le deuxième rang des pointeurs de l’histoire du Canadien chez les défenseurs, à égalité avec Guy Lapointe.

Les quatre autres membres de ce top-5 (Larry Robinson, Lapointe, Doug Harvey et Serge Savard) ont tous reçu cet honneur.

Alexeï Emelin et P. K. Subban ont assisté au mariage d’Andreï Markov et de Sonya Sonechka, l’été dernier. Markov et Subban étaient de bons amis lorsqu’ils jouaient avec le Canadien et le sont encore aujourd’hui.
Photo Ben Pelosse

Seuls regrets

D’ailleurs, même s’il a vécu quelques-unes des saisons les plus creuses de l’histoire du Canadien et que l’association entre les deux parties ne s’est pas terminée comme il l’aurait souhaité, Markov ne regrette rien de cette longue aventure.

« C’est une fierté d’avoir pu passer autant d’années dans une seule ville, au sein d’une seule équipe et d’une bonne organisation. Par contre, j’aurais peut-être dû me soigner un peu mieux lors des périodes de réadaptation suivant mes blessures au genou. Aujourd’hui, je ferais peut-être les choses différemment », a déclaré le défenseur, sans entrer dans les détails, en faisant le point sur les quelques blessures qui lui ont fait rater 143 rencontres.

Des absences sans lesquelles il aurait facilement surpassé le plateau des 1000 matchs dans l’uniforme bleu-blanc-rouge.

Une facette méconnue de sa personnalité

Andreï Markov a toujours eu le cœur à la rigolade

Alexeï Emelin et P. K. Subban ont assisté au mariage d’Andreï Markov et de Sonya Sonechka, l’été dernier. Markov et Subban étaient de bons amis lorsqu’ils jouaient avec le Canadien et le sont encore aujourd’hui.
Photo Pierre-Paul Poulin

Reconnu pour avoir un air austère et être un homme de peu de mots, Andreï Markov en avait surpris plusieurs en faisant le pitre lors de la présentation des joueurs, au match inaugural de la saison 2015-2016.

Au lieu de prendre directement le flambeau des mains de P.K. Subban, qui le précédait au centre de la patinoire, le défenseur avait contourné le cercle des mises en jeu en pointant vivement son coéquipier de ses deux index.

« C’était de la pure improvisation, se souvient Markov, qui rigole encore en racontant l’histoire. Avant que P.K. ne saute sur la patinoire, je lui ai demandé s’il voulait qu’on ait du plaisir. Il m’a répondu que oui, alors je lui ai dit : ‘‘ OK. Je vais faire quelque chose. ’’ »

« À ce moment, je n’avais aucune idée de ce que j’allais faire. Ça m’est venu instinctivement. Je n’avais rien préparé. C’était drôle », poursuit-il.

Une image qui lui convenait

La boutade de Markov a eu l’effet espéré. Subban souriait de toutes ses dents lorsqu’il lui a remis le symbole du leitmotiv du Tricolore. Tout comme les 21 273 spectateurs réunis dans l’amphithéâtre et les membres des médias qui, au contraire des coéquipiers du numéro 79, découvraient après 14 ans une facette méconnue du personnage.

« On n’a qu’une seule vie à vivre. On doit profiter de chaque moment. Alors, j’essaie de savourer chaque instant, indique Markov, le philosophe. Il y a des moments pour avoir du plaisir et des moments où c’est plus difficile d’en avoir. Ça dépend des circonstances. »

Et pourquoi fallait-il être si sérieux devant les journalistes ?

« Je ne l’étais pas. C’est vous qui m’abordiez de façon sérieuse. Personne ne faisait de blague et vous avez commencé à croire que j’étais comme ça, explique-t-il. Ça faisait mon affaire, mais sachez que j’ai toujours été un pince-sans-rire. »

Sacré farceur

Markov a donné 16 années de sa vie au Canadien de Montréal. Seize années au cours desquelles il s’est intégré à la communauté. La plus grande preuve en est sans doute les efforts qu’il a faits pour obtenir la citoyenneté canadienne.

D’ailleurs, la question qu’il a posée à l’auteur de ces lignes, en le reconduisant vers la sortie à la fin de l’entretien, démontre qu’il s’intéresse encore à ce qui se passe dans la métropole québécoise.

« Et puis, le nouveau pont Champlain ? Est-ce qu’il est fini ? »

À n’en point douter, Markov a vraiment le sens de l’humour...

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