/news/transports
Navigation

Options limitées pour un lien rapide

Coup d'oeil sur cet article

Même si Philippe Couillard a lancé « un grand appel à l’imagination des Québécois », les options sont limitées pour un lien rapide entre Montréal et Québec, selon des experts.

Le premier ministre souhaite mettre à profit les talents des universités et des écoles de génie d’ici pour lancer ce grand projet. Plein d’enthousiasme, M. Couillard a évoqué son intérêt pour le monorail à grande vitesse, inventé dans les années 90 par le physicien québécois Pierre Couture, mais n’est pas fermé à d’autres technologies modernes.

Son ministre des Transports, André Fortin, a d’ailleurs évoqué il y a deux semaines l’option du train futuriste Hyperloop, actuellement testé aux États-Unis.

Pas de TGV ?

La seule technologie que Québec rejette est le TGV (train à grande vitesse). Un choix que ne comprend pas Pierre-Léo Bourbonnais, chercheur associé à la chaire Mobilité de Polytechnique Montréal.

« Il n’existe pas beaucoup de moyens de transport qui ont fait leurs preuves, dont on maîtrise bien la conception et dont on connaît les impacts », estime M. Bourbonnais.

Pour le chercheur qui suit attentivement depuis des années les projets de transport partout dans le monde, vouloir absolument se démarquer n’est pas un gage de réussite. « Développer une technologie, ça coûte cher et, ensuite, ça peut poser problème pour l’entretien si la compagnie qui l’a créée disparaît », dit-il.

Florence Paulhiac Scherrer, de la chaire Innovations en stratégies intégrées transport-urbanisme à l’UQAM, estime que construire ce lien rapide aurait du sens, puisque l’essentiel de la population du Québec se trouve entre Montréal et Québec.

« Le choix de la technologie peut être politique avec un moyen de transport développé ici, ce que semble vouloir M. Couillard avec le monorail, dit-elle. Pour le TGV, le problème, ce sont les emprises, puisqu’elles sont réservées aux trains de marchandises. Or, s’il faut créer un second corridor, c’est difficile, parce que ça passe par des territoires agricoles ou habités. »

Mais la professeure croit surtout que le gouvernement aborde le sujet à l’envers.

« On parle de technologie et d’innovation, au lieu de parler des besoins des gens, dit-elle. Avant de déterminer quel moyen de transport est le mieux calibré, il faut s’assurer qu’il y ait bien une clientèle pour rentabiliser ces technologies sophistiquées. »