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Podium des partis politiques

Podium des partis politiques

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À la fin de chaque session parlementaire, je remets mes fleurs aux différentes formations politiques et aux élus. Débutons par les 4 partis présents à l’Assemblée nationale.

Demain : Le Parti libéral du Québec

Jeudi : Le Parti Québécois

Vendredi : La Coalition avenir Québec

Fleur d’or : La Coalition avenir Québec (CAQ)

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault
Photo d'archives Simon Clark
Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault

 

François Legault et sa bande ont eu une excellente session et un six mois très payant sur le plan politique. Tout d’abord, la CAQ a pris le leadership dans deux dossiers qui ont touché les gens, c’est-à-dire, l’immigration illégale à la frontière des migrants haïtiens et le cannabis. Les caquistes ont su canaliser le mécontentement populaire en utilisant un ton ferme qui tranchait nettement avec celui d’ouverture des rouges d’Ottawa et de Québec. Sur la marihuana, la Coalition avenir Québec a compris qu’une majorité de Québécois s’opposent à la légalisation du pot et ils ont adopté la ligne dure en exigeant du gouvernement qu’il restreigne l’accès au produit le plus possible en l'interdisant aux moins de 21 ans. Ne passons pas sous silence la très belle victoire de la CAQ dans le château fort libéral de Louis-Hébert. Une partielle ne fait pas une élection générale, mais cela donne de l’initiative.

Parmi les points faibles, il y a la proposition de détaxer certains produits locaux au lieu de taxer les grands réseaux américains tels que Netflix, Amazon, etc. n’a pas levé et n’a pas été appuyé par les leaders économiques : une balle tirée dans le vide ?

Du côté sondage, la CAQ avait terminé la session du printemps à 28 % et elle est maintenant à 36 %. Un bon de 8 %, c’est exceptionnel. Est-ce trop haut, trop vite ? L’avenir nous le dira.

Fleur d’argent : Le Parti libéral du Québec (PLQ)

Le premier ministre Philippe Couillard
Photo d'archives Simon Clark
Le premier ministre Philippe Couillard

 

Le gouvernement libéral n’a pas eu une mauvaise session parlementaire, loin de là. Les indicateurs économiques sont bons (Taux de chômage, création d’emploi, état des finances publiques, cote de crédit, etc.). Les marges de manoeuvre annoncées lors de la mise à jour économique ont permis d’annoncer des baisses de taxes scolaires et d’impôts, du réinvestissement en santé et en éducation.

Les libéraux ont aussi lancé un programme de psychothérapie qui répondra aux besoins, la santé mentale étant souvent le parent pauvre des soins médicaux du Québec. Le PLQ doit souffler un grand soupir de soulagement dans le dossier Bombardier. L’aide gouvernementale controversée à l’entreprise qui produit la Cseries ne fait plus l’actualité avec l'arrivée en scène du sauveur Airbus. Grâce à la compagnie française, les emplois sont saufs et le carnet de commandes se garnit.

Du côté des moins bon coups, il y a la loi sur la neutralité religieuse parrainée par la ministre de la Justice Stéphanie Vallée, qui fut un vrai foutoir. Elle a réussi à déplaire à tous et elle est déjà contestée devant les tribunaux.

Que dire de la commission sur le racisme systémique qui a énormément terni l’image des libéraux. Il aura fallu un changement de ministre à l’immigration pour passer ce projet au hachoir à viande.

Les enquêtes policières qui perdurent sur Jean Charest et Marc Bibeau, l’arrestation de Guy Ouellette par l’UPAC et les allégations d'Yves Francoeur contre Jean-Marc Fournier ont également créé de la distraction dans les rangs du PLQ. Sans oublier les départs de fidèles amis du premier ministre : son chef de Cabinet, Jean-Louis Dufresne, et le plus haut fonctionnaire du gouvernement, Juan Roberto Iglesias.

Côté sondage, le Parti libéral est stable. Ils sont actuellement à 32 % et il serait surprenant qu'ils descendent sous la barre des 30 %. Par contre, il leur sera difficile de dépasser 35 % vu leur impopularité chez les francophones. Le meilleur allié pour une possible réélection, c'est Jean-François Lisée. Le PQ devra remonter de 4-5 % et diviser le vote de la CAQ pour que le PLQ espère former à nouveau un gouvernement majoritaire.

Fleur de bronze : Québec solidaire (QS)

Les trois députés de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, Manon Massé et Ami Khadir
Photo Simon Clark
Les trois députés de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, Manon Massé et Ami Khadir

 

Depuis l’élection de Gabriel Nadeau-Dubois dans Gouin et son ascension comme co-porte-parole de son parti, Québec solidaire faisait des percées intéressantes. La formation de gauche avait terminé la précédente session parlementaire à 14 % et avait réussi, au cours de l’automne, a progressé jusqu’à 19 %. Depuis, le ballon a beaucoup dégonflé pour retourner aux résultats plus traditionnels, c’est-à-dire à 12 %. On dirait que plus QS étale ses idées, plus ils baissent. Les propositions sur la nationalisation d’internet et sur l’augmentation des congés payés viennent s’ajouter à une longue liste de suggestions qui sortent des sentiers battus (voir mon texte sur les 10 perles de Québec solidaire).

Néanmoins, avec seulement trois députés, Québec solidaire fait parler d’eux de façon régulière et constante. La performance de Manon Massé dans le dossier des agressions sexuelles fut remarquable. Je souligne aussi l’absorption d’Option nationale, qui au-delà des votes, donnera à QS une caution souverainiste et plus d’argent dans leur coffre de banque. De toute façon, les attentes des solidaires sont modestes : ajouter un, deux ou trois circonscriptions sur l’ile de Montréal ferait bien leur affaire. Surveillons Hochelaga-Maisonneuve, Laurier-Dorion et Rosemont, fief de Jean-François Lisée, à l’automne 2018.

Fleur fanée : Parti québécois (PQ)

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée
Photo d'archives Simon Clark
Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée

 

Une saison politique à oublier pour Jean-François Lisée et le Parti québécois qui peine à se définir en ayant remisé ses prétentions indépendantistes à 2022. À la recherche d’un thème rassembleur, le Parti québécois peut difficilement incarner le changement, lui qui célèbrera, l’an prochain, son 50e anniversaire de création. Le parti avait terminé la session du printemps à 22 % et il a encore perdu des plumes pour atteindre un creux historique à 19 %. La bonne nouvelle, c’est que le PQ ne peut pas aller beaucoup plus bas et Lisée doit se dire que tout ce qui descend, doit remonter.

Sur le plan de la performance, je note le travail de qualité des élus péquistes, lors des commissions parlementaires. Ils sont rigoureux, aguerris et expérimentés. Plusieurs d’entre eux ont l’expérience d’avoir été ministres et ça parait. Le hic, c’est que personne ne suit les débats de l'Assemblée nationale. Soulignons la belle contribution de Nicolas Marceau, député de Rousseau, dans le dossier de la taxation de Netflix et des paradis fiscaux.

Notons également le très bon déroulement du congrès du Parti québécois. Plusieurs mettaient en doute le résultat du vote de confiance de Jean-François Lisée, mais à 92,8 %, les sceptiques furent confondus.

Pour les pots, Jean-François Lisée a tenté d’imposer à son parti l’idée d’interdire la Burqa et le Niqab dans l’espace public à 100 %, mais il a été ramené à l’ordre par son caucus. Pourtant, 76 % des Québécois semblent en accord avec cette idée. Je m’explique mal également le grand intérêt du PQ pour le dossier de la Catalogne. Je comprends les affinités entre mouvements souverainistes des deux côtés de l’atlantique, mais soyons honnête, les prétentions indépendantistes d’un territoire espagnol ne soulèvent vraiment pas les passions ici et ça sonnait un peu déconnecté.