/finance/business
Navigation

Une aide de 10 M$ à Capitales Médias

Le groupe médiatique éprouverait de sérieux problèmes financiers

Le propriétaire du Groupe Capitales Médias, Martin Cauchon
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Le propriétaire du Groupe Capitales Médias, Martin Cauchon

Coup d'oeil sur cet article

Le gouvernement du Québec vient à la rescousse du Groupe Capitales Médias avec une aide financière in extremis de 10 millions $. Une annonce aura lieu jeudi à Saguenay.

Mercredi, le premier ministre Philippe Couillard a confirmé que son gouvernement soutiendra financièrement le Groupe Capitales Médias qui éprouverait actuellement de sérieux problèmes financiers.

Le groupe médiatique, qui faisait partie du conglomérat Gesca (avec La Presse) de la famille Desmarais jusqu’en mars 2015, appartient à l’ex-politicien fédéral Martin Cauchon.

Le groupe comprend les quotidiens régionaux Le Soleil (Québec), Le Droit (Ottawa-Gatineau), Le Quotidien (Saguenay), Le Nouvelliste (Trois-Rivières), La Tribune (Sherbrooke) et La Voix de l’Est (Granby).

Le montant de 10 millions $, octroyé par l’entremise d’Investissement Québec, s’inscrirait dans un projet plus ambitieux de modernisation de la presse écrite au Québec totalisant un budget de 26 M$.

On ignore encore quelles seront les garanties exigées par Québec, mais chose certaine, notre Bureau d’enquête a déjà révélé que les deux dirigeants de Groupe Capitales avaient créé une fiducie pour mettre plusieurs de leurs avoirs personnels à l’abri d’une éventuelle saisie et que Martin Cauchon avait réhypothéqué au maximum sa maison personnelle d’Outremont pour 1,2 M$.

Pas de commentaires

Tant chez Investissement Québec qu’au bureau de la ministre de l’Industrie, Dominique Anglade, personne hier n’était disponible pour commenter le dossier.

La direction du quotidien Le Devoir de Montréal n’a pas voulu formuler de commentaires. Une source a toutefois indiqué que ce nouveau fonds mis de l’avant par Québec ne faisait pas partie des revendications de la Coalition pour la pérennité de la presse d’information, dont faisait partie Le Devoir.

L’an dernier, le Groupe Capitales Médias demandait un programme de crédit d’impôt sur la masse salariale des entreprises de presse écrite ainsi qu’une aide pour le passage au numérique.

Or, le Groupe Capitales Médias possède déjà ses propres applications mobiles pour les téléphones intelligents et les tablettes.

Pas bon pour l’image

Cette aide financière de 10 millions $ pourrait par ailleurs nuire à la crédibilité des journalistes du Groupe Capitales Médias, soutient un expert du monde des médias.

« Disons que ça ouvre la porte à ce qu’ils se fassent critiquer et attaquer. Sur le plan de l’image, ce n’est pas une situation idéale », croit le chercheur du Centre d’études sur les médias de l’Université Laval, Sébastien Charlton.

Par voie de communiqué, le groupe Québecor s’est dit inquiet à l’aube d’une année électorale de cette aide qui soulève des questions importantes sur l’indépendance de la presse écrite au Québec.

« Si le gouvernement du Québec décide de subventionner la presse écrite, il devrait le faire dans la plus grande transparence et selon des conditions qui assurent la plus grande indépendance des médias », a indiqué le vice-président aux Affaires publiques de Québecor, Hugo Delaney.

La porte-parole du groupe Post Media, Phylisse Gelfand, qui détient le quotidien The Gazette à Montréal, a dit trouver pour le moins « intrigant » ce nouveau plan d’aide aux journaux québécois.

 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.