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Elles affrontent chacune leur cancer en couple

Mariane Martin et Andrée Anne Ouellet sont inséparables depuis qu’elles se sont rencontrées l’été dernier lors d’une expédition.
Photo Catherine Montambeault Mariane Martin et Andrée Anne Ouellet sont inséparables depuis qu’elles se sont rencontrées l’été dernier lors d’une expédition.

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Deux jeunes Montréalaises font face à l’un des plus grands défis qu’un couple peut affronter, toutes deux luttant simultanément contre un virulent cancer.

Quand Mariane Martin est clouée au lit à cause de la douleur atroce que lui cause sa maladie, sa conjointe ne lui pose jamais de questions. Au contraire, Andrée Anne Ouellet comprend exactement sa souffrance, elle qui vit aussi avec une tumeur inopérable.

À seulement 22 ans, la première vient tout juste d’apprendre que son mésothéliome malin, un cancer extrêmement rare qui s’était propagé dans son abdomen il y a deux ans, est réapparu. La deuxième, âgée de 28 ans, souffre d’un cancer du cerveau depuis deux ans et demi.

« C’est apaisant d’avoir quelqu’un qui comprend parfaitement ce qu’on traverse. Ça rend tout ça un peu plus léger », assure Mariane Martin en regardant sa conjointe avec tendresse.

Les femmes se sont rencontrées l’été dernier lors d’une expédition en Outaouais organisée par la fondation Sur la pointe des pieds pour les jeunes atteints du cancer.

« Ç’a tout de suite cliqué, se souvient Mme Martin. On s’est assises ensemble dans l’autobus et on a parlé pendant des heures. »

Trois jours après la fin du voyage, la jeune femme a quitté Gatineau, sa ville natale, pour aller rejoindre sa nouvelle amie à Montréal. Une semaine plus tard, elle emménageait avec elle.

« Ça s’est fait rapidement, parce que toutes les deux, on n’a rien à perdre, fait valoir Mme Ouellet. Avec le vécu qu’on a, quand on a une connexion avec quelqu’un, on n’hésite pas. » « La vie est trop courte », ajoute sa compagne.

Peur pour l’autre

Affronter le cancer en couple a ses avantages comme ses inconvénients, constatent-elles.

« Vu qu’on le vit les deux, on peut parler du cancer ensemble sans que ça soit lourd, explique Andrée Anne Ouellet. Il n’y a aucun tabou. »

Mais en plus de craindre pour leur propre vie, les deux femmes doivent aussi vivre avec la peur de perdre la personne qui leur est la plus chère. En fait, elles confient toutes deux s’inquiéter davantage pour leur conjointe que pour elles-mêmes.

« Moi, je ne pense pas vraiment à mourir, mais elle... je sais qu’elle est fragile », parvient à articuler Mme Ouellet, les larmes ruisselant sur ses joues.

Cannabis médical

Comme les deux Montréalaises ne sont pas aptes à travailler, du moins à temps plein, elles réussissent difficilement à joindre les deux bouts.

Andrée Anne Ouellet parvient à effectuer quelques contrats comme preneuse de son, alors que Mariane Martin a dû abandonner ses études pour devenir parajuriste.

En plus de ne pas avoir de salaire, cette dernière doit se procurer environ 500 $ de cannabis médical par mois pour soulager ses douleurs.

« Depuis que j’ai eu mon diagnostic, on m’a prescrit jusqu’à 17 narcotiques, explique Mme Martin. J’ai développé une dépendance et ça me donnait une tonne d’effets secondaires. Depuis que j’utilise seulement le cannabis, je me sens enfin revivre, mais ce n’est pas remboursé par les assurances. »


♦ Le couple a lancé une campagne de sociofinancement intitulée « Aidez-nous à vaincre nos cancers » sur le site GoFundMe.