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À l'Hotel Nelson

1971

Avant Après
Photo courtoisie des Archives de Montréal, Décorations des fêtes sur la place Jacques-Cartier. - 22 décembre 1971. VM94-Ad-157-014.
Photo Pierre-Paul Poulin

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Sur les planches de l’Hôtel Nelson

Les néons de l’Hôtel Nelson éclairent la Place Jacques-Cartier en décembre 1971. Si tout semble calme, c’est que la nuit est encore jeune. Depuis le mois d’octobre, une nouvelle salle de spectacle aménagée à l’Hôtel Nelson attire la jeunesse. Elle est baptisée l’Évêché en 1972. Plusieurs artistes émergents font leur premier vrai show dans l’atmosphère enfumée de cette boîte à chanson du Vieux-Montréal. Edith Butler, Renée Claude, Lewis Furey, Pauline Julien, Plume Latraverse, Serge Mondor et Lou Reed sont du nombre. C’est en remplaçant au pied levé le groupe Harmonium que Beau Dommage donne son premier spectacle à l’Évêché. Le lendemain, une foule impressionnante se presse aux portes de l’établissement pour voir cet ensemble. En décembre 1974, les membres de Beau Dommage lancent leur premier disque à l’Hôtel Nelson, qui se vend à plus de 300 000 exemplaires. Des artistes français y font également leur première prestation en sol québécois, tels que Francis Cabrel, Gilbert Montagné et Geneviève Paris. Pendant une décennie, l’Évêché est le rendez-vous des amateurs de folk, de rock et même de punk.

La Place Jacques-Cartier à travers le temps

Soigneusement décorée pour les Fêtes, la Place Jacques-Cartier revêt une nouvelle apparence en 1971, très proche de celle d’aujourd’hui. À la hauteur de la rue Saint-Paul en 1723, Philippe de Rigaud de Vaudreuil fait aménager un somptueux hôtel particulier, que ses descendants occupent jusqu’en 1763. Les élèves du Collège de Montréal (nommé alors Saint-Raphaël) s’installent ensuite au château Vaudreuil en 1773. Ce dernier brûle lors d’un effroyable incendie en 1803, forçant les sulpiciens à relocaliser l’école dans un nouveau Petit Séminaire, situé sur Saint-Paul O., à l’angle de la rue Saint-Henri. Les vestiges incendiés de l’habitation Vaudreuil sont remblayés pour laisser place au marché neuf. Ayant accueilli les maraîchers pendant 150 ans, le marché de la Place Jacques-Cartier est reconverti en stationnement en 1960. Mais cette vision ne plaît guère. En 1970, le lieu devient une place publique.

Un silo mal aimé

« Le silo no 2, le plus détesté par les Montréalais » peut-on lire dans La Presse en 1992. Ce silo a pourtant une riche histoire. Terminée en 1912, la structure de 15 étages comporte d’étonnants silos carrés en aciers rivetés, conçus pour optimiser l’espace de stockage. Car à l’époque, le silo no 1 et l’Élévateur B du silo no 5 ne suffisent plus pour entreposer le grain. Grâce au nouveau silo d’une capacité de 2 622 000 boisseaux de blé, la place de Montréal se confirme comme premier port céréalier au Canada. En 1971, les lueurs aux fenêtres révèlent que le silo no 2 est toujours en activité, mais la fin est proche. Une lutte s’engage pour ouvrir une fenêtre sur le fleuve en démolissant le silo no 2. Le 5 juin 1978, mille deux cents livres de dynamite font tanguer le géant sans qu’il s’effondre. Les silos nos 1 et 2 désormais disparus, seul le silo no 5 rappelle cette époque révolue où Montréal était la métropole économique du Canada.

 

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