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Des commerçants redoutent la fin des sacs minces

Dès janvier, ils craignent de devoir faire face à des clients mécontents

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Des commerçants de Montréal se disent en accord avec le virage vert que représente le bannissement des sacs de plastique léger, mais craignent de devoir faire face à plusieurs clients mécontents.

« Je pense que c’est une très bonne idée pour l’environnement, mais c’est sûr qu’on a peur que les gens chialent. On espère que les clients vont s’habituer rapidement à traîner leurs sacs réutilisables », mentionne Mathieu Bois-Joli, assistant-gérant au Jean Coutu de la rue Jean-Talon.

À partir du 1er janvier, il sera interdit aux commerçants montréalais de distribuer à leurs clients des sacs de plastique conventionnels d’une épaisseur inférieure à 50 microns ou 0,05 mm.

Jusqu’en juin

La Ville les autorisera toutefois à en offrir jusqu’au 5 juin 2018, le temps d’écouler leurs stocks.

Valérie Zenga, gérante au IGA de la rue Saint-Zotique, explique que son épicerie se dotera d’une plus grande variété de sacs réutilisables pour l’entrée en vigueur du nouveau règlement.

« Probablement qu’il va y avoir des clients qui vont être fâchés de devoir acheter des sacs réutilisables, mais on va faire tout ce qu’on peut pour les accommoder », assure-t-elle.

Transition

À Brossard, le règne du sac de plastique a pris fin il y a déjà plus d’un an.

Depuis septembre 2016, les commerçants ont dû trouver des solutions de rechange pour que leurs clients puissent transporter leurs emplettes, puisque seuls les sacs plus épais que 100 microns sont désormais permis.

Dans la plupart des commerces visités par Le Journal, des sacs de papier et des sacs de plastique plus épais étaient vendus quelques sous, et des sacs réutilisables, quelques dollars.

Dans les épiceries, des boîtes de carton étaient aussi souvent offertes gratuitement aux consommateurs.

Des bacs de plastique étaient en vente près des caisses chez Maxi.

« Au début, il y avait un peu de grogne de la part des clients, mais je dirais qu’après environ un mois, tout le monde était habitué », constate le gérant de l’épicerie du boulevard Taschereau, Philippe Robert.

Au supermarché Avril, la transition a été plus difficile.

« Ç’a pris un bon six mois avant que les gens s’adaptent, raconte la superviseure, Francine Paradis. On vend des sacs de papier 5 ¢, mais au début, les gens étaient vraiment fâchés. »

Profitable ou plus coûteux ?

Quelques entreprises montréalaises ont dit craindre les coûts additionnels que pourrait entraîner le bannissement des sacs de plastique.

Mais à Brossard, les commerçants rencontrés par Le Journal étaient catégoriques : leur chiffre d’affaires n’a pas été affecté.

Bien que les sacs de papier soient plus coûteux pour les commerçants que ceux de plastique, les profits générés par la vente de sacs réutilisables permettent généralement de rentabiliser cette dépense supplémentaire.

« Ça revient pas mal au même pour nous, il n’y a pas de différence économiquement parlant », note Mme Paradis.

Sacs permis

Sacs de tissu

Photo Martin Chevalier

Sacs de papier

Photo courtoisie

Sacs pour emballer les fruits et les légumes

Photo Marie Christine Trottier

Sacs de plastique plus épais que 50 microns

Photo Fotolia
  • Sacs de médicaments
  • Housses en plastique des nettoyeurs
  • Sacs des restaurateurs

Sacs interdits

Sacs de plastique de moins de 50 microns (sacs d’épicerie, de pharmacie et de certains commerces de détail)

Photo courtoisie
  • Sacs contenant un agent oxydant (sacs oxodégradables, oxofragmentables et biodégradables)