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La «bombe météo» frappe l'est du Québec, froid glacial à Montréal

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Si la grande région de Montréal a évité la «bombe météo» qui s’est abattue sur l’Est-du-Québec, elle sera de nouveau confrontée à des températures glaciales.

«Montréal est épargnée parce qu’elle se retrouve en bordure du système. On peut s’attendre à une légère chute de neige, jusqu’à 5 cm [la nuit dernière], mais surtout des rafales pouvant aller jusqu’à 60 km/h et de la poudrerie par endroits», explique Catherine Vallières, météorologue pour Environnement Canada.

À cela s’ajoutent de 2 à 4 cm de neige qui sont prévus pour vendredi à Montréal.

«Après la tempête, des avertissements de froid extrême seront en vigueur. Les températures ressenties oscilleront de -30 à -35 °C», indique Mme Vallières, ajoutant que le mercure devrait s’adoucir au début de la semaine prochaine.

L'est du Québec frappé de plein fouet

Le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et la Côte-Nord sont frappés de plein fouet par la puissante tempête hivernale qui secoue l’est du Québec depuis jeudi soir. Des vents dépassant parfois les 100 km/h, jumelés à d’importantes accumulations de neige, forcent la fermeture de nombreuses routes, impraticables. Des débordements côtiers ont aussi obligé des évacuations en Gaspésie.

«J’arrive du secteur le plus touché [à Matane-sur-Mer] et on se rend compte qu’il y a beaucoup de résidences qui ont été endommagées par les vagues et les glaces cette nuit [jeudi à vendredi]. Il y a beaucoup de débris, des bâtiments, des garages, des escaliers qui sont arrachés ; plusieurs propriétés ont des dommages importants», a confirmé le maire de Matane, Jérôme Landry, joint par Le Journal en fin d’avant-midi vendredi.

Là-bas, les mesures d’urgence ont été mises en place. Treize personnes ont dû être évacuées dans la nuit lorsque la marée haute, combinée aux vents violents, s’est attaquée à la côte vers 4h. Une situation qui arrive «aux trois, quatre ans», selon le maire.

Sur la Rive-Sud de la péninsule gaspésienne, un débordement côtier a aussi nécessité des évacuations à Chandler.

«Plusieurs résidences [une dizaine] du chemin de Chenail ont été évacuées. Les gens ont été relocalisés dans des motels de la région, en raison des fortes marées, a indiqué le porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ), Claude Doiron. On parlait d’inondation où il y avait un peu plus d’un pied d’eau qui s’est accumulé sur la chaussée.»

Pas fini

Jusqu’à maintenant, une bonne trentaine de centimètres de neige, voire une quarantaine, est tombée sur l’est du Québec, et ce n’est pas terminé, prévient Environnement Canada.

Jusqu’à samedi inclusivement, entre 10 et 15 autres centimètres sont attendus, alors que les vents ne diminueront pas en intensité avant la nuit de vendredi à samedi.

La poudrerie rend notamment la circulation automobile extrêmement difficile en Gaspésie et sur la Côte-Nord. La route 132 qui longe le fleuve, à midi vendredi, était fermée sur une énorme distance, soit de Saint-Roch-des-Aulnaies à Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine.

À Carleton-sur-Mer, le vent a cessé, mais les routes sont encore très enneigées.
Photo Katerine Roy, collaboration spéciale
À Carleton-sur-Mer, le vent a cessé, mais les routes sont encore très enneigées.

 

Robert Rousseau, 71 ans, de Carleton-sur-Mer a commencé à déneiger sa cour.
Photo Katerine Roy, collaboration spéciale
Robert Rousseau, 71 ans, de Carleton-sur-Mer a commencé à déneiger sa cour.

 

Dans le Bas-Saint-Laurent, la situation s’améliorait tranquillement alors que vers midi, l’autoroute 20 a été rouverte entre Sainte-Anne-de-la-Pocatière et Rivière-du-Loup. (voir texte plus bas pour plus de détails)

Une «bonne» tempête

Ainsi, des avertissements d’onde de tempête, de tempête hivernale et de froid extrême sont toujours en vigueur dans plusieurs régions du Québec.

«C’est sûr que dans les dix dernières années, ça va être dans les bonnes [tempête], a affirmé le maire de Matane. J’entendais tantôt les gars qui font le déneigement et y’en a certains qui ont 25 ans d’expérience, qui n’ont jamais autant de neige. [En raison des vents], la neige s’est accumulée de façon impressionnante», a relaté M. Landry.

«Cette nuit, les vents soufflaient parfois au-dessus de 105 km/h, c’était assez impressionnant. Comme plusieurs, c’était difficile de s’endormir parce qu’il y avait énormément de bruit », a-t-il ajouté.

«À matin, ça ressemble à nos tempêtes d’antan. Les chemins fermés, tout le monde encabané. Merci à monsieur Honda de faire de bonne souffleuse», a lancé rieur Éric Bujold, un citoyen de Carleton-sur-Mer.

D'autres débordements possibles

D’autres débordements côtiers pourraient avoir lieu vendredi. La combinaison de vents forts à violents et la période actuelle de marées à fortes amplitudes pourrait provoquer un déferlement de vagues le long de la côte dans le voisinage de différentes localités comme Rimouski, Matane, Natashquan, Minganie ou encore Kamouraska, Rivière-du-Loup et Trois-Pistoles, font état les avertissements d’Environnement Canada.

 

Cette puissante tempête qualifiée de «bombe météo» amène également avec elle une autre vague de froid. En plus de la neige parfois forte et de la poudrerie, Environnement Canada notait en milieu de matinée des températures avec un refroidissement éolien de -17, à Rimouski et dans l’est du Québec.

«Bombe météo»

Par ailleurs, alors que certains critiquent l’expression « bombe météo » largement utilisée par les médias, Environnement Canada précise d’emblée que ce terme – qu’elle ne privilégie pas, mais qui a beaucoup été utilisé aux États-Unis, d’où la tempête provient -, est un terme météo qui existe bel et bien pour décrire ce genre de phénomène.

«C’est utilisé lorsqu’il y a un développement explosif et rapide d’une dépression, soit lorsque la pression centrale devient très basse. Ça apporte des précipitations et des vents très importants», explique Amélie Bertrand, météorologue à Environnement Canada.

Plusieurs routes fermées dans l’est du Québec

Les conditions météorologiques qui se sont détériorées dans l’est du Québec ont forcé le ministère des Transports du Québec (MTQ) à fermer plusieurs routes.

Le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, Chaudière-Appalaches, mais aussi le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord, et la Capitale-Nationale sont les régions les plus affectées par cette «bombe météo».

Photo Pascal Huot

L’autoroute 20 a été bloquée aux automobilistes, dans le Bas-Saint-Laurent/Gaspésie, et ce, de La Pocatière à Notre-Dame-des-Neiges et entre Le Bic et Mont-Joli. La route 185 et l’autoroute 85 ont subi le même sort entre Rivière-du-Loup et Dégelis.

La route 132 a été fermée de Saint-Roch-des-Aulnaies à Rivière-au-Renard, de Coin-du-Banc à L’Anse-à-Beaufils, de Chandler à Matapédia et de Mont-Joli à Sayabec.

Sur la Côte-Nord, la route 138 est impraticable à plusieurs endroits de Kegaska à Rivière-Moïse, de Vieux-Fort à Blanc-Sablon tandis que les véhicules lourds sont interdits entre Tadoussac et Port-Cartier.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la route 170 est fermée à la circulation de l’avenue Saint-Alphonse à Saint-Bruno jusqu’à la rue Quen à Saint-Gédéon. Même chose pour la route 169 de Hébertville au boulevard Maurice-Paradis d’Alma.

Dans la région de Chaudière-Appalaches, la vague de fermetures touche l’autoroute 20 est, entre Montmagny et La Pocatière, et la 132 est, entre Montmagny et Saint-Roch-des-Aulnaies.

 

Dans la Capitale-Nationale, les véhicules lourds ne peuvent pas emprunter la route 138 entre La Malbaie et Baie-Sainte-Catherine.

Les services de traversier entre Matane, Baie-Comeau et Godbout ont été suspendus, tandis que les départs se font aux 60 minutes pour la traverse Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine.

Le service par autocar est également affecté au Québec. Orléans Express a déjà annoncé l’annulation de plusieurs départs prévus jeudi soir et vendredi matin. Plusieurs autres sont dépendent des conditions routières et de la météo.

Vols retardés et annulés

Les opérations sont grandement perturbées pour une deuxième journée à l’aéroport Montréal-Trudeau alors que des dizaines de vols en provenance ou à destination de la métropole sont retardés, voire carrément annulés.

Ce sont encore une fois les liaisons impliquant les aéroports du nord-est des États-Unis et de l’est du Canada qui pose problème. Des vols à destination de New York, Boston, Newark, Sept-Îles, Baie-Comeau et Halifax ont entre autres été annulés. Plusieurs vols en provenance des mêmes destinations sont aussi perturbés.

La patience sera donc de mise, encore aujourd’hui, pour les voyageurs.

Ceux qui doivent prendre l’avion aujourd’hui sont invités à confirmer leur horaire de vol auprès de leur transporteur aérien ou encore en consultant le site web d’Aéroports de Montréal.


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