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Ces PDG qui gagnent votre salaire en un jour

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À peine cinq jours d’écoulés en 2018, et le gouvernement à Québec a déjà dépensé plus de deux milliards $ de vos taxes et impôts ! Une grande partie de ceux-ci sera dépensée sans plan efficace, sans se demander s’il s’agit de dépenses justifiées, ou finira carrément en gaspillage.

Pire encore : ces deux milliards $ iront enrichir le club des « 100 000 $ et plus » de l’État, un groupe de fonctionnaires « gras dur » qui s’élargit d’année en année, autant au fédéral, provincial qu’au municipal. Tout ça en cinq petits jours !

Vous me trouvez démagogue ?

Vous trouvez que j’excite les foules en manquant totalement de nuances ? C’est pourtant un exercice semblable auquel se livrent les médias, année après année.

La nouvelle se résume ainsi : le 2 janvier, les PDG canadiens les mieux rémunérés ont déjà gagné le salaire annuel moyen d’un employé, soit 49 738 $. Et comme les 100 hauts dirigeants d’entreprise les mieux rémunérés au Canada ont gagné en moyenne 10,4 millions $ en 2016, ils ont fait environ 200 fois plus d’argent que le travailleur moyen.

Portrait faussé

Comme le soulignent les chercheurs de l’Institut Fraser Jason Clemens et Joel Emes dans le Financial Post, si on augmente l’échantillon pour y inclure non pas les 100, mais plutôt les 200 PDG les mieux payés (dont la rémunération moyenne devient 3,4 millions $), ce ratio passerait de 200 pour 1 à... 68 pour 1. Et si l’on incluait tous les PDG, le ratio tombe à 42 pour 1. Scandaleux ? Risquez tout et lancez-vous en affaires si ça vous semble si facile.

Oui, la crème de la crème s’en tire plutôt bien de nos jours. Mais c’est vrai aussi dans les autres sphères de l’économie. Les salaires des sportifs et chanteurs qui trônent au sommet de leur art sont aussi disproportionnés. Selon Forbes, Taylor Swift

(170 millions $ US), le groupe One Direction (110 millions $ US) et Adele (80,5 millions $ US) ont tous probablement gagné votre salaire annuel pendant qu’ils préparaient leur café le matin du premier janvier. Mesurer seulement le sommet de la pyramide donne un portrait faussé de la réalité, autant pour les PDG que pour les artistes.

La tarte mondiale grossit

Certes, dans le monde corporatif comme ailleurs, il y a des abus. Et les conseils d’administration ne font pas toujours leur travail. Quand ce n’est pas le PDG lui-même qui préside le conseil, c’est souvent un bon copain à lui. Les liens sont parfois trop serrés dans ce petit monde.

Mais c’est avant tout la mondialisation et l’innovation technologique qui expliquent la rémunération des plus riches PDG. De plus en plus, les entreprises ont accès à des marchés plus gros. Les chiffres d’affaires des plus grandes entreprises grimpent, tout comme la compensation qu’ils doivent offrir à un PDG étoile qui peut faire une réelle différence – et qui pourrait accepter l’offre d’un concurrent qui le courtise.

Mais si cela vous offense qu’un PDG gagne votre salaire en une journée ou moins, dites-vous qu’il y a pire. Tomas Plekanec et Karl Azner (et plusieurs autres du CH) ont déjà gagné votre salaire annuel en jouant 20 minutes, lors du premier match – et première défaite – de 2018. Et ici, on est loin de la « crème de la crème ».