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La chanteuse France Gall est décédée

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AFP

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L’une des grandes figures de la chanson française, France Gall, «poupée» blonde des années 60 et interprète à succès, s’est éteinte dimanche à 70 ans d’une récidive d’un cancer, de nombreuses personnalités rendant hommage à son talent et sa «générosité».


France Gall 1947-2018


«France Gall a traversé le temps grâce à sa sincérité et sa générosité», a ainsi réagi le président Emmanuel Macron. «Elle laisse des chansons connues de tous les Français et l’exemple d’une vie tournée vers les autres, ceux qu’elle aimait et ceux qu’elle aidait».

La chanteuse, qui avait connu plusieurs drames personnels, avait été hospitalisée mi-décembre près de Paris, officiellement pour une infection sévère.

«Il y a des mots qu’on ne voudrait jamais prononcer. France Gall a rejoint le Paradis blanc le 7 janvier, après avoir défié depuis 2 ans, avec discrétion et dignité, la récidive de son cancer», a déclaré sa chargée de communication dans un communiqué dimanche. Une référence à la chanson «Le Paradis Blanc» évoquant la mort et écrite par le musicien Michel Berger, dont France Gall fut la muse.

Pour la chanteuse Jane Birkin, France Gall était «surprenante, candide, mystérieuse (...) C’est triste, triste...».

Chanteuse blonde et mutine des «sixties», France Gall avait été durement éprouvée par la vie: outre le décès en pleine gloire d’un infarctus de son époux Michel Berger à 44 ans en 1992, elle découvre son cancer du sein l’année suivante. Un des deux enfants qu’elle a eu avec Michel Berger, Pauline, meurt prématurément à son tour de mucoviscidose en 1997.

Après ce choc, France Gall se fera discrète. Elle était sortie de ce silence en 2015 pour défendre la comédie musicale «Résiste» autour des «tubes» du couple qu’elle formait avec Michel Berger. Elle y apparaissait en vidéo - mais pas sur scène - comme narratrice se souvenant de son Pygmalion.

Dimanche, l’ex-président François Hollande a salué «une chanteuse lumineuse» et une «grande Française» qui avait su s’engager «pour de grandes causes et notamment pour l’Afrique», évoquant les projets humanitaires de la chanteuse sur ce continent.

«Née avec Michel Berger»

«France Gall n’appartenait pas à une génération: elle a su s’adresser à toutes. Elle a affronté les combats personnels en donnant tout pour la musique», a réagi la ministre de la Culture Françoise Nyssen.

En Belgique, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, «triste», a estimé que la voix de la chanteuse «(nous) accompagnera(it) encore longtemps».

Née le 9 octobre 1947 à Paris sous le prénom d’Isabelle dans une famille d’artistes, France Gall enregistre un premier disque à 15 ans et connaît son premier succès à 16 ans avec «Sacré Charlemagne», qui devient vite un «tube» des cours de récréation.

Sa rencontre avec Michel Berger en 1973 aura été déterminante: la «poupée» naïve des sixties trouve avec lui une nouvelle maturité, en tant que muse, épouse et interprète pendant près de 20 ans.

De leur union restent d’inoubliables tubes - «Il jouait du piano debout», «Résiste», «Ella, elle l’a», «Babacar»... - 7 albums et de très nombreux concerts.

Elle dira «être née avec Michel Berger». C’est pourtant un autre auteur vedette de la chanson française qui lance sa carrière : Serge Gainsbourg, qui lui écrit en 1964 «N’écoute pas les idoles» et «Laisse tomber les filles», avant le fameux «Poupée de cire, poupée de son», avec lequel elle remporte l’Eurovision en 1965.

Leur collaboration ne survivra pas à la très équivoque chanson «Les sucettes», écrite par Gainsbourg et avec laquelle elle essuie les moqueries.