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Le festival de l’islamophobie

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Une semaine après la tuerie de Québec, des organismes islamiques, dont un certain lié à la structure islamiste des Frères musulmans, demandaient au Parlement de désigner le 29 janvier Journée nationale du souvenir et d’action contre l’islamophobie.

On ne manque pourtant pas de journées contre « l’islamophobie ». Les États-Unis manifestent contre « l’islamophobie » et la suprématie blanche les 4 et 5 février. En France, c’est le 10 décembre, en Europe, le 21 septembre.

Le choix du 29 janvier au Canada n’est pas innocent.

Culpabilité

Vendredi, le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC), un autre organisme soupçonné d’accointances islamistes, demandait à son tour la création d’une journée contre « l’islamophobie » à cette date.

Quoi de plus efficace pour faire taire la critique que d’évoquer la soi-disant culpabilité collective des Québécois, année après année, dans cet attentat ?

Pour des gens qui nous mettent sans cesse en garde contre les amalgames, ce n’est pas très subtil.

Un confrère de CBC me rappelait que le 6 décembre est devenu la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes. Une journée qui divise les hommes et les femmes depuis 1989, en plus de fouetter les ardeurs du lobby des armes à feu.

Il y a des façons plus respectueuses de commémorer la mémoire des victimes que de l’exploiter à des fins politiques.

Désinformation

La première demande avait été présentée à Ottawa en février. Haroun Bouazzi de l’Association des musulmans et arabes pour la laïcité au Québec faisait partie des pétitionnaires.

Pour quelqu’un qui prêche le vivre-ensemble, Bouazzi détonne. En entrevue à Al Jazeera après l’attentat, il déclarait que « la liste des mosquées et des places d’affaires propriétés de musulmans au Québec visées par des crimes haineux pendant les trois dernières années est sans fin » (mes italiques).

En mai, à Paris, il déclarait que la situation était « catastrophique » pour les musulmans au Québec.

C’est ainsi qu’on transforme un des peuples les plus ouverts et généreux au monde en ramassis d’ordures intolérantes. Pourquoi ?

M–103

L’été dernier, Ottawa adoptait la motion 103 contre l’islamophobie. Pourquoi « l’islamophobie » a-t-elle eu droit à une mention alors que l’antisémitisme, la christianophobie et le racisme existent depuis plus longtemps au Canada ? Pourquoi ?

Selon M-103, parce qu’un « climat de haine et de peur s’installe dans la population. »

C’est bien la première fois qu’un pays s’autoaccuse faussement d’intolérance via une motion parlementaire !

En passant, Statistiques Canada nous apprend que les premières victimes de crimes racistes au Canada sont les Noirs, pas les Arabes, et que les Juifs arrivent au premier rang pour les crimes motivés par la haine d’une religion. Pas les musulmans.

La députée Hedi Fry, qui avait dû s’excuser en 2001 pour avoir menti en Chambre en affirmant que des résidents de Prince George en Colombie britannique faisaient brûler des croix sur leurs pelouses, à la manière du KKK, préside le comité des Communes qui présentera des recommandations pour concrétiser les objectifs de la motion.

Mélanie Joly est la ministre responsable.

Permettez-moi de craindre le pire.