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Tout ce qui a changé chez Charlie Hebdo, 3 ans après les attentats

Tout ce qui a changé chez Charlie Hebdo, 3 ans après les attentats
Capture d'écran Twitter

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Il y a 3 ans, Paris subissait l’une de ses attaques terroristes qui a le plus frappé l’imaginaire des Français. Encore aujourd’hui, 61% des Français se sentent Charlie, selon un récent sondage de l’Institut français d’opinion publique.

Le 7 novembre 2015, les frères Saïd et Chérif Kouachi avaient abattu 12 personnes. Dans les trois années qui ont suivi, 229 autres personnes ont trouvé la mort dans différentes attaques revendiquées par l’État islamique.

Les terroristes avaient choisi leur moment. L’attentat avait été perpétré à la sortie du numéro 1177 de l’hebdomadaire.

Depuis, les choses ont bien changé. «Trois ans dans une boite de conserve» est d’ailleurs le titre de la nouvelle édition de Charlie Hebdo qui est sortie le 3 janvier dernier.

C’est la première fois que les employés sortent publiquement à propos de leurs conditions de travail, depuis les tristes évènements du 7 janvier 2015.

Voici dans quelles conditions travaillent les artisans de Charlie Hebdo, 3 ans plus tard:

  • Ils reçoivent des menaces récurrentes sur les réseaux sociaux.
  • Il y a une escorte policière en permanence d’au moins deux policiers armés qui assurent leur sécurité.
  • Ils dépensent entre 1,49 et 2,24 millions de dollars par année pour sécuriser leurs bureaux. C’est l’équivalent de la vente de 800 000 exemplaires. Plus d’un exemplaire sur deux finance donc la sécurité des employés.
  • La viabilité du journal à long terme n’est pas assurée. Les coûts liés à la sécurité minent les profits de la publication.
  • L’adresse du bureau, que les employés surnomment «bunker», n’est connue que par quelques personnes seulement.
  • Les employés craignent pour leur vie, pour celles de leurs proches. Certains ne sortent plus dans les bars ou dans les endroits trop bondés, par peur d’un nouvel attentat.
  • Les séances de dédicaces des exemplaires de Charlie Hedbo sont souvent annulées par les libraires au dernier moment.

Malgré la peur qui fait désormais partie intégrante de la vie des artisans de Charlie Hebdo, l’humour, l’ironie et le rire sont les raisons qui les poussent à continuer de travailler pour le quotidien. Les terroristes n’ont pas eu la peau du célèbre magazine.