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La révolution qui dérange

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Tout changement de culture qui s’annonce majeur dérange. D’autant plus s’il traverse les frontières. Il fallait donc s’attendre à ce que des voix s’opposent au mouvement #MoiAussi, cette prise de parole sans précédent par des femmes ayant subi des agressions ou du harcèlement sexuel.

Bousculées par cette proposition nécessaire d’un nouveau rapport plus respectueux entre les hommes et les femmes, les voix qui s’y opposent sont en fait l’écho d’une vieille culture qui achève.

Cette culture est celle de la banalisation des violences et du harcèlement sous prétexte que de les refuser serait une mise à mort de la séduction. Comme si la séduction ne pouvait se concevoir sans rapport de pouvoir. Ce qui est faux.

Réactionnaire

Cette réponse réactionnaire au #MoiAussi, on ne l’attendait cependant pas de la comédienne Catherine Deneuve et des autres signataires d’une lettre ouverte dont c’est étonnamment le propos.

Selon elles, le mouvement #MoiAussi – lequel s’adresse tout autant aux hommes qu’il appelle à se solidariser des femmes – prônerait la « haine des hommes » et le « puritanisme ». C’est de la bouillie pour chats moyenâgeux.

Elles caricaturent les femmes qui dénoncent comme se cantonnant en « éternelles victimes » alors qu’à l’opposé, cette parole libérée est celle de femmes qui ne veulent justement plus être des victimes réduites au silence.

Au nom de la « liberté sexuelle », ces signataires revendiquent même pour les hommes qui n’en demandaient pas tant la « liberté d’importuner » les femmes ! « Importuner », dont voici quelques synonymes : assommer, embêter, harceler, poursuivre, talonner.

Importuner n’est pas séduire

Mais depuis quand, voulez-vous bien me dire, le droit d’importuner une personne, femme ou homme, existerait-il dans nos sociétés dites avancées ? Et depuis quand cela serait-il une manière de « séduire » ?

Disons-le clairement. Cette lettre ouverte désolante envoie un message outrancièrement rétrograde. Heureusement, rares sont ceux et celles à l’approuver. Du moins, sur la place publique...