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Concert amplifié: «L’Heptade» symphonique et condensé

Orchestre symphonique de Québec OSQ
Photo le Journal de Québec L’Orchestre symphonique de Québec (OSQ)

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MONTRÉAL – Après avoir remixé «L’Heptade» pour en souligner le 40e anniversaire en 2016, voilà que l’ancien meneur d’Harmonium, Serge Fiori, sélectionne des extraits de l’album-culte en vue du «Concert amplifié», qui sera offert par l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ) au Centre Bell, le 2 mars prochain.

«Je dois trouver, à travers l’œuvre [de 90 minutes], les bouts qui vont ensemble pour créer un montage de sept ou huit minutes, représentatif de l’intégral. C’est compliqué...», a-t-il expliqué.

«J’ai fait l’exercice cet été, a-t-il enchaîné. Dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal, on a préparé une bande sonore pour les feux d’artifice de clôture, qui rendait hommage à ma musique et à Harmonium. J’ai dû fouiller à travers une dizaine d’albums».

Une approche classique

S’il s’agit d’une version écourtée du troisième album de la formation Harmonium qu’on retrouvera intercalée parmi d’autres grands titres de la musique classique comme «Le boléro» de Ravel, «La chevauchée des Walkyries» de Wagner et «La 5e symphonie» de Beethoven dans le programme de l’OSQ dirigé par David Martin, Serge Fiori caresse néanmoins depuis longtemps l’idée d’en offrir l’intégrale en version symphonique. «Avec ce concert, ça vient d’ouvrir des possibilités. C’est tellement trippant. J’ai réalisé à quel point mon écriture était classique. J’ai toujours des envolées, je suis très lyrique. Je suis italien, et ça paraît. Il y a de la nostalgie dans ma musique», a-t-il analysé.

«Quand on faisait "L’Heptade" live, on était sept et on essayait de faire une œuvre beaucoup plus large. Et si on n’avait pas eu la sonorité qu’on avait à cette époque-là, on n’aurait pas eu le même résultat. On avait une charge émotive autant dans ce qu’on faisait que dans le son. Et j’ai eu la chance, avec "L’Heptade", de travailler avec un grand chef d’orchestre, Neil Chotem», s'est remémoré M. Fiori.

Un contentieux

En décembre, on apprenait que Serge Fiori avait entamé devant la Cour supérieure une poursuite de 245 000 $ contre la maison de production Gestion Son Image Inc. Celle-ci, a-t-il déploré, n’aurait pas respecté les clauses du contrat relié à l’album éponyme sorti en 2014, notamment en le privant de visibilité. «Je trouve leur retard effrayant, comme leur réaction. Ç’a miné ma vie. Tu travailles fort pour si peu», a-t-il affirmé.

Malgré ce contentieux qui l’oppose au dirigeant de l’entreprise, Nicolas Lemieux, l’artiste de 65 ans planche sur plusieurs projets, dont un remixage de l’album «Deux cents nuits à l’heure», né de sa collaboration avec Richard Séguin il y a 40 ans et à paraître le 15 mai prochain.

Par ailleurs, Daniel Gélinas, l’ancien directeur du Festival d’été de Québec et instigateur du «Concert amplifié» – où chaque musicien de l’orchestre dispose d’un micro à la manière d’un concert rock – vise d’abord à rejoindre les amateurs de rock progressif, un genre issu de la musique classique et du «free jazz». «Serge Fiori est celui qui a composé l’album le plus progressif au Québec. On va donc se retrouver avec du Harmonium entre Beethoven et Tchaïkovsky, et constater une suite logique entre ces musiques-là», a-t-il expliqué.

«Concert amplifié», auquel participera également la soprano Natalie Choquette, sera présenté au Grand théâtre de Québec le 1er mars et le lendemain au Centre Bell, dans le cadre du festival Montréal en lumière.