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La SQ s’attaque aux meurtres non résolus

Le corps policier va ajouter une vingtaine d’experts à son escouade spéciale

Le sergent-détective Éric Bolduc pourra compter sur l’aide de nouveaux collègues afin de résoudre les quelque 750 dossiers non résolus qui s’accumulent dans les archives de la Sûreté du Québec.
Photo Martin Alarie Le sergent-détective Éric Bolduc pourra compter sur l’aide de nouveaux collègues afin de résoudre les quelque 750 dossiers non résolus qui s’accumulent dans les archives de la Sûreté du Québec.

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La Sûreté du Québec entend redoubler d’efforts pour élucider ses dossiers de meurtres non résolus et quintuple les effectifs de son escouade spéciale, qui devient ainsi une des plus importantes en Amérique du Nord.

« Avec l’équipe qui grossit, on va avoir beaucoup plus de suspects dans notre mire. Il y a maintenant plus de criminels qui pensaient pouvoir dormir tranquille qui risquent de se faire attraper », lance avec assurance le sergent-détective Éric Bolduc, chef d’équipe à l’escouade des dossiers non résolus de la Sûreté du Québec.

En 2007, la division des crimes contre la personne de la police provinciale a hérité des centaines de cold cases, comme on dit dans le jargon, provenant d’un peu partout sur son vaste territoire. Et chaque année, d’autres cas s’accumulaient à la longue liste. Mais au mieux, cinq policiers y travaillaient. Le taux de résolution restait ainsi très bas : un ou deux cas par année. Parfois même aucun.

Cédrika : un tournant

« Les dossiers qui datent de plusieurs années, surtout ceux des années 60 ou 70, c’est difficile de les relancer. Les témoins, les anciens enquêteurs doivent être en vie. Parfois, il manque des parties du dossier, des éléments de preuve ou des pièces à conviction. On doit aussi composer avec des erreurs ou des omissions du passé », explique le policier Bolduc.​

Pour améliorer son taux de réussite, l’escouade des crimes non résolus passera ainsi de 5 à 25 employés.

Une vingtaine de policiers et analystes travailleront en effet à partir des bureaux de Boucherville et une équipe de cinq enquêteurs sera basée à Québec.

Si la SQ souhaite depuis longtemps s’attaquer plus intensément aux crimes non résolus, la relance du dossier Cédrika Provencher a « précipité » l’initiative, concède-t-on.

Après la découverte des ossements de l’enfant de neuf ans en décembre 2015, de nombreux enquêteurs ont en effet été dépêchés en renfort à la poignée de policiers des crimes non résolus.

Satisfaite des efforts alors déployés, la direction a décidé de bonifier l’escouade, afin d’être en mesure de travailler d’autres dossiers avec autant d’ardeur. Dès 2016, une dizaine de policiers se sont ensuite concentrés à l’analyse des 750 dossiers non résolus de la SQ.

« Ça nous a permis d’évaluer les besoins, mais aussi de dresser un portrait plus précis de la situation et de classer les dossiers par priorité, notamment quant à la perspective de chances de résolution », explique le sergent Bolduc.

Femmes et enfants d’abord

Il estime que le deux tiers des cas non résolus sont liés au crime organisé. Mais ce sont surtout les meurtres d’enfants, de femmes et de victimes innocentes qui sont priorisés par les policiers.

« Je souhaite prendre le dessus sur les cold cases, rajeunir nos dossiers. Travailler des meurtres qui n’ont que quelques années au lieu de quelques décennies, c’est plus intéressant et le potentiel de résolution est plus grand », a-t-il dit, précisant qu’il ne compte pas pour autant mettre de côté les vieux dossiers.

Le détective espère ainsi pouvoir donner des réponses à davantage de familles qui souffrent et vivent dans l’incertitude depuis de nombreuses années.

Malgré tout, il insiste : ces dossiers sont complexes et certains ne connaîtront probablement jamais de dénouement.

« Ce travail demande beaucoup de résilience. Il peut arriver qu’après un long travail acharné, nous sommes obligés de remettre le couvercle sur la boîte et retourner le dossier aux archives, sachant qu’une personne qui a tué ne sera pas accusée », se désole Éric Bolduc.

Toute information pouvant aider à résoudre un crime non résolu peut être communiquée directement à la Sûreté du Québec : 1 800 659-4264.

Un profileur criminel en renfort

Yohan Morneau est profileur criminel à la SQ depuis plus de six ans. 
Photo d’archives
Yohan Morneau est profileur criminel à la SQ depuis plus de six ans. 

 

Pour résoudre davantage de crimes non résolus, l’escouade spéciale de la SQ peut compter sur une ressource rare au Québec, celle d’un profileur criminel.

« Si des meurtres deviennent des cas non résolus, ce n’est pas par manque de compétence ou d’efforts de la part des enquêteurs. Mais lorsqu’on ouvre un dossier plusieurs années plus tard, on doit le regarder d’un autre œil », lance Yohan Morneau, un des deux seuls profileurs criminels à la Sûreté du Québec, mais aussi dans toute la province.

Ils ne sont que 50 dans le monde. Le rôle du profileur criminel est essentiellement d’analyser la scène de crime et de tenter de dresser le portrait du suspect recherché.

« On va chercher le côté humain. Plusieurs dossiers se règlent avec de la preuve technique ou scientifique. Mais la science ne règle pas tout. Ce qui importe, c’est aussi de la preuve testimoniale, des gens qui ont vu, entendu quelque chose. Parfois, pour différentes raisons, ils ne voulaient pas parler à l’époque. Il faut essayer de comprendre pourquoi », expose-t-il.

Le policier Morneau a ainsi participé à une partie de l’analyse des dossiers non résolus, afin d’évaluer leur priorité. Il s’est aussi davantage intéressé à la victimologie, soit le profil de la victime.

« Il faut aussi personnaliser la personne qui est décédée. Neuf fois sur 10, la victime a un lien avec le suspect donc il faut la connaître pour déterminer qui aurait eu intérêt à faire ça. À l’époque, on ne mettait pas beaucoup d’effort à ce niveau », explique-t-il.

Évidemment, le défi de rouvrir un dossier inactif depuis des années n’est pas le même que de tenter de résoudre le crime quelques heures après qu’il ait été commis. Dans le cas d’un meurtre, ce sont les 48-72 premières heures qui sont cruciales.

« Pour un crime non résolu, il faut plutôt y aller avec la technique des petits pas », expose le policier Morneau.

Des centaines de dossiers à résoudre

Jean Poirier-Guénard – Montréal

L’homme n’a jamais été revu après qu’il ait quitté son domicile, le 26 février 1972.

Le sergent-détective Éric Bolduc pourra compter sur l’aide de nouveaux collègues afin de résoudre les quelque 750 dossiers non résolus qui s’accumulent dans les archives de la Sûreté du Québec.
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Sophie Champagne – St-Roch-de-l’Achigan

La jeune femme de 22 ans a été retrouvée sans vie, chez elle, le 18 novembre 1997.

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Aline Taylor Francoeur – Granby

​​Après une soirée au Carrefour Bingo, elle a été trouvée gisante dans un stationnement, le 1er avril 2003.

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Céline Pearson – Saint-Aimé

Elle a été retrouvée morte le 1er décembre 1991 en bordure de la route Bord de l’Eau, après une soirée dans un bar non loin.

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Jocelyne Houle – Saint-Calixte

La femme de 24 ans a été retrouvée dans un fossé en avril 1977, trois jours après avoir été aperçue se rendant vers un bar de Montréal avec deux hommes.

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Roland Villemaire – St-Roch-de-l’Achigan

Victime d’un vol qualifié dans son commerce attenant à sa résidence, il a été assassiné le 4 février 1982.

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Guylaine Potvin – Jonquière

L’étudiante au cégep de Jonquière a été retrouvée sans vie dans son logement, le 28 avril 2000.

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Rachelle Wrathmall – Lennoxville

Le corps de la femme de 31 ans a été découvert le 29 juin 2007, chez elle.

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Francine Lacroix – Henryville

Le 27 avril 2000, elle a été retrouvée sans vie, chez elle. Elle aurait été vue vivante pour la dernière fois deux jours avant, à St-Jean-sur-Richelieu.

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Auréa Désormeaux – Rawdon

Veuve depuis quatre ans, la femme de 69 ans a été tuée le 22 novembre 2004 dans la véranda de sa résidence.

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Fernand Champoux – Mascouche

L’homme de 68 ans a été tué le matin du 18 avril 2006 dans le stationnement du magasin l’Aubainerie, où il travaillait.

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Lise Brisebois – Farnham

La femme est disparue de son domicile de Brossard, le 10 mars 1990. Huit mois plus tard, son corps a été retrouvé dans un boisé à Farnham.

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5 cas à mettre en lumière

Roger Gagnon – Grand-Remous

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Le 5 octobre 1991, l’homme de 49 ans a été retrouvé battu à mort dans le stationnement du bar de l’hôtel Carrefour. « Peut-être que le suspect était craint à l’époque et qu’aujourd’hui, des gens seraient prêts à parler. Ils doivent savoir qu’ils peuvent le faire de façon confidentielle », expose le sergent Éric Bolduc.

Suzanne Gilbert et Denise Picard – Rimouski

Le sergent-détective Éric Bolduc pourra compter sur l’aide de nouveaux collègues afin de résoudre les quelque 750 dossiers non résolus qui s’accumulent dans les archives de la Sûreté du Québec.
Photo d’archives

 

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En août 1967, les corps des deux adolescentes de 17 ans ont été retrouvés dans un chalet de l’anse Pierre-Jean, à St-Simon, Rimouski. Ce double meurtre crapuleux est le plus vieux dossier de la SQ dans lequel de l’ADN a été retracé, après pas moins de 50 ans. Les policiers ont notamment pu éliminer le principal suspect dans cette affaire. Les enquêteurs tentent depuis de retrouver des gens qui étaient présents dans le secteur au moment du drame.

Michel Boulianne – Trois-Rivières

Le sergent-détective Éric Bolduc pourra compter sur l’aide de nouveaux collègues afin de résoudre les quelque 750 dossiers non résolus qui s’accumulent dans les archives de la Sûreté du Québec.
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Le chauffeur de taxi de 36 ans a-t-il embarqué le mauvais client le soir du 25 août 1985 ? Après avoir reçu un appel de la centrale, il n’a plus redonné signe de vie. Il a été retrouvé mort le lendemain, dans son véhicule abandonné dans une cour d’école. Ce dossier fait partie des récents cas analysés par la SQ, pour savoir s’il y aurait une nouvelle piste à fouiller.

Micheline Jobin – Chapais

Le sergent-détective Éric Bolduc pourra compter sur l’aide de nouveaux collègues afin de résoudre les quelque 750 dossiers non résolus qui s’accumulent dans les archives de la Sûreté du Québec.
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Le 5 septembre 1979, la jeune femme de 19 ans, enceinte de 5 mois, est morte dans l’incendie de sa résidence. Les policiers ont rapidement statué qu’il s’agissait d’un meurtre. « Il y a visiblement quelque chose qu’on ne sait pas dans la vie de la victime. Il nous manque un morceau de casse-tête. On pense que la réponse se trouve autour d’elle », expose le détective Bolduc.

Brigitte Parker – Sainte-Anne-des-Plaines

Le sergent-détective Éric Bolduc pourra compter sur l’aide de nouveaux collègues afin de résoudre les quelque 750 dossiers non résolus qui s’accumulent dans les archives de la Sûreté du Québec.
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La jeune femme a été retrouvée sans vie dans un chemin isolé de Sainte-Anne-des-Plaines, le 20 mai 1971. La dernière fois qu’elle a été vue vivante, elle quittait sa résidence de Montréal, dans le quartier Ahuntsic. « Une mauvaise rencontre pourrait avoir été fatale pour elle », évalue le policier Éric Bolduc.