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Une famille faussement accusée se vide le cœur

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Malgré un jugement sévère condamnant la GRC et le Procureur général du Canada à lui verser 700 000 $, Nichan Manoukian, accusé faussement de traite de personne, réclame des excuses publiques de la police fédérale et interpelle Justin Trudeau à ce sujet.

Dans une entrevue exclusive accordée à TVA Nouvelles mercredi, la famille Manoukian de Laval dit éprouver encore des difficultés à se remettre des 12 dernières années, durant lesquelles elle a dû se battre pour rétablir sa réputation.

M. Manoukian, lui, demeure insatisfait malgré un jugement favorable. «La GRC a violé nos droits et nous a crucifiés publiquement et, 12 ans plus tard, n’a présenté aucune excuse. Ceci est décevant, puisque notre but ultime était l’obtention d’excuses publiques de leur part ainsi qu’une compensation financière pour les dommages subis. Malgré le jugement positif, le montant qui nous a été attribué est bien loin de nos attentes et servira majoritairement à couvrir les dépenses engagées tout au long du processus judiciaire», explique-t-il.

En 2006, la GRC avait perquisitionné la résidence des Manoukian à Laval pour une affaire de traite de personne concernant Senait Tafesse Manaye, leur domestique éthiopienne, qui prétendait ne pas avoir été payée depuis un an. Ces déclarations avaient créé une affaire médiatique et mené aux toutes premières accusations de traite de personne au Canada. Or, elles étaient mensongères. Les accusations avaient rapidement été retirées, Mme Manaye n’ayant aucunement été maltraitée, mais le dommage, pour la famille Manoukian, était fait.

Dans un jugement rendu public la semaine dernière, la juge France Dulude estime «qu’une enquête sérieuse aurait permis aux gendarmes de réaliser que leurs conclusions étaient fondées sur des informations insuffisantes et peu crédibles». La magistrate a qualifié l’enquête «d’incomplète et bâclée». Initialement, la poursuite de la famille s’élevait à plus de 3 millions $.

La GRC et le Procureur général du Québec n’ont pas fait de commentaires. Ils ont 30 jours pour faire appel du jugement.

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