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Le chauffeur évite une catastrophe

L’incendie de son camion a causé un long bouchon sur l’autoroute 25, mais personne n’a été blessé

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Les automobilistes empruntant le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine ont dû faire preuve de patience, jeudi matin, après qu’un camion en feu a forcé la fermeture de la route en direction nord, mais ils ont échappé à une catastrophe grâce aux bons réflexes du chauffeur du poids lourd.

Photo Agence QMI, Erik Peters

L’heure de pointe a été éprouvante pour les milliers de conducteurs pris dans un bouchon sur l’A-25 Nord qui s’est étendu sur 7 km.

Mais elle a surtout été stressante pour Mihail Gilca qui conduisait le camion semi-remorque qui a pris feu vers

5 h 10 à la sortie du tunnel. L’homme de 49 ans avait quitté quelques minutes plus tôt les entrepôts de sa compagnie Intermark Transport, basée à La Prairie, pour livrer des oignons verts et de la salade à un supermarché Metro de Laval.

Mihail Gilca
Photo Matthieu Payen
Mihail Gilca

Arrivé au milieu du tunnel, il a vu dans son miroir une épaisse fumée sortir d’une des roues de sa remorque.

Le Moldave d’origine, qui compte 15 ans d’expérience dans le camionnage, a poursuivi sa route sur plus d’un kilomètre pour ranger son véhicule sur le bord de la route à la sortie du tunnel.

« Je savais qu’il fallait que je sorte du tunnel, sinon tout le camion allait prendre en feu et ça aurait été catastrophique pour les voitures autour », dit-il quelques heures après les faits.

Extincteur

Mais la bravoure de M. Gilca ne s’est pas arrêtée là. Une fois son camion arrêté, il a attrapé un extincteur et a tenté d’éteindre la roue en feu. Voyant que le feu ne cessait de revenir en raison de la forte chaleur, il a finalement décroché le tracteur du camion pour l’éloigner du brasier.

« Sur le coup, je n’ai pas pensé que ça pouvait exploser, mais en y repensant par après, je me suis rendu compte du danger », explique M. Gilca qui a pris sa journée de jeudi pour se remettre du choc émotionnel. « Il a fait ce qu’il fallait faire et il a probablement sauvé des vies, ajoute son patron, Arkadi Potapov. Plusieurs chauffeurs auraient abandonné leur camion en feu. »

Frein brisé

M. Potapov avance une explication de l’incendie de la roue. Selon lui, un tuyau dans lequel circule le liquide de frein a cédé. Ce bris a bloqué le frein sur la roue et le frottement a fait chauffer la jante.

M. Potapov affirme que le véhicule avait été inspecté avant de prendre la route.

Quant à l’autoroute 25, deux voies sur trois ont été rouvertes à 8 h 20, le temps que l’heure de pointe se termine. Puis, vers 10 h 30, la voie centrale a été de nouveau fermée pour permettre de dégager la remorque calcinée et de nettoyer la chaussée. Le ministère des Transports n’a pas constaté de dégât sur la chaussée.

Avant-goût amer

Le conducteur du semi-remorque a arrêté son véhicule sur la voie de droite une centaine de mètres après la sortie du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Photo Agence QMI, MAXIME LANDRY
Le conducteur du semi-remorque a arrêté son véhicule sur la voie de droite une centaine de mètres après la sortie du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine.

Les longs bouchons causés jeudi jusque sur la Rive-Sud par la fermeture du tunnel La Fontaine donnent un avant-goût de ce qu’il risque de se produire dans deux ans environ.

En effet, après le pont Champlain et l’échangeur Turcot, le tunnel sera la prochaine grosse infrastructure montréalaise à faire peau neuve.

Les travaux de réfection du plafond, des murs, de l’éclairage et de l’asphaltage de la structure débuteront au mieux fin 2019 et devraient durer quatre ans.

Au total, ce sont 120 000 véhicules, dont 15 000 camions, qui chaque jour devront trouver un autre trajet.