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La passion du café au-delà des frontières

Martin Brière, Michel Charron et Jean-Guy Charron devant des présentoirs de Café éveil au IGA Louise Ménard, Saint-Lambert.
Photo Pierre-Paul Poulin Martin Brière, Michel Charron et Jean-Guy Charron devant des présentoirs de Café éveil au IGA Louise Ménard, Saint-Lambert.

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Trois hommes d’affaires dans la cinquantaine se sont lancés dans le commerce du café de spécialité. Un beau projet de préretraite, d’autant que l’aventure va au-delà de la simple distribution de ce produit tant prisé des amateurs de café.

Jean-Guy Charron est un expert en informatique. Le jeune retraité de 54 ans a gagné suffisamment d’argent avec son entreprise et était, depuis 2009, à la recherche d’un projet stimulant. « J’ai toujours voulu redonner et œuvrer dans le domaine caritatif. Mon souhait était d’aider les communautés les plus démunies à développer leur pleine autonomie », raconte-t-il.

Jean-Guy Charron dans une classe de l’école primaire de la petite ville isolée de Santa Rosa, au Guatemala.
Photo courtoisie
Jean-Guy Charron dans une classe de l’école primaire de la petite ville isolée de Santa Rosa, au Guatemala.

Aussi lorsque son frère Michel, 59 ans et retraité du domaine de la distribution, est revenu d’Asie avec des échantillons de café, ce fut le déclic. Les grains n’étant pas au niveau de qualité souhaité, ils se sont tournés vers l’Amérique latine, en particulier le Guatemala, un pays reconnu pour son excellent café arabica.

Leur ami Martin Brière, un professionnel du marketing de 54 ans encore actif sur le marché du travail, s’est adjoint aux deux frères. En unissant leurs expertises et leurs ressources financières, ces trois partenaires ont récemment lancé Café éveil inc., une entreprise qui vise à stimuler l’engagement social.

Faire la différence

L’idée derrière Café éveil est simple : acheter le café au juste prix pour le producteur, tout en s’assurant que la communauté puisse bénéficier des retombées. « Pour cela, nous versons 100 % de nos profits à la communauté et notre partenaire-caféiculteur s’engage à donner une partie des siens. Nous avons complètement changé la chaîne de valeur afin de pouvoir faire la différence ; c’est ce qui nous anime », explique Martin Brière.

Cet argent permet de soutenir financièrement une école primaire accueillant 450 enfants, située à proximité de la plantation de café. Mais ce n’est pas tout : des sommes sont aussi destinées à procurer des petits-déjeuners aux élèves, dont la moitié sont en situation de malnutrition. « Pour bien étudier, il faut être bien nourri », assure Jean-Guy Charron. Une cuisine a donc été construite à côté de l’école pour préparer ces repas. La santé de leurs petits protégés est aussi un aspect important du projet ; ainsi, une entente a été prise avec une clinique locale afin de soigner les élèves, notamment contre les parasitoses. À court terme, le programme de petits-déjeuners sera élargi aux femmes enceintes et aux jeunes d’âge préscolaire de la communauté.

Toute une gamme de produits

Café éveil propose quatre cafés de spécialité. Les grains sont importés du Guatemala, puis torréfiés dans la région de Gatineau, selon un processus doux et en profondeur qui exalte les saveurs sans créer d’amertume.

Dans les prochains mois, un café infusé à froid velouté et des chocolats à base de café s’ajouteront à la gamme.

Jean-Guy Charron dans l’un des champs de café du fermier Gustavo Altuve, le producteur sélectionné par Café éveil, situé dans la région de Huehuetenango, dans le nord-est du Guatemala.
Photo courtoisie
Jean-Guy Charron dans l’un des champs de café du fermier Gustavo Altuve, le producteur sélectionné par Café éveil, situé dans la région de Huehuetenango, dans le nord-est du Guatemala.

Actuellement, les cafés sont distribués dans les IGA Louise Ménard de Saint-Lambert et de L’Île-des-Sœurs, dans quatre IGA de Gatineau et dans quatre autres épiceries en Ontario. Des lieux de vente s’ajouteront au fil du temps. Lorsque le modèle sera éprouvé, les trois associés visent à dupliquer le modèle à d’autres communautés.

Comment ils financent leur projet

  • Grâce à son entreprise en informatique, Jean-Guy Charron a accumulé un montant d’argent appréciable, ce qui lui a permis de prendre une retraite anticipée et d’investir dans Café éveil.
  • Martin Brière et Michel Charron utilisent leurs économies de retraite pour financer leur part du projet.
  • Dès la viabilité et la rentabilité du projet établies, les trois associés espèrent pouvoir recueillir des dons et obtenir des subventions pour que Café éveil prenne son essor.