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Laval, ville anglaise

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On parle souvent de l’anglicisation de Montréal. Mais lundi dernier, Radio­­-Canada nous rappelait que Laval s’anglicise aussi, et à grande vitesse. Quiconque entre au carrefour Laval en fait l’expérience hautement désagréable.

Car la minorité historique anglaise est bien peu présente à Laval. Si l’anglais y progresse, c’est parce qu’il gagne du terrain chez les immigrés. Mais c’est un des liens qu’on veut globalement nous interdire de faire : celui entre l’immigration et l’anglicisation.

Immigration

Le basculement de Laval se constate aussi sur le plan électoral. Longtemps, d’une élection à l’autre, elle balançait des souverainistes aux fédéralistes.

Mais depuis 15 ans, elle est devenue un bastion libéral. C’est que son électorat s’est intégré à la minorité anglaise plutôt qu’à la majorité historique francophone.

Les nationalistes auraient tort de croire que c’est parce qu’ils ne sont pas assez inclusifs qu’on les boude. Une autre explication est possible : que les Québécois francophones soient rejetés chez eux.

Transgressons un tabou : l’immigration peut-elle vraiment s’intégrer au Québec ?

Ottawa s’est toujours servi de l’immigration pour marginaliser les Québécois. Ses laquais du PLQ font de même.

De la crise de Saint-Léonard en 1969 au référendum sur l’indépendance de 1995 à celle des accommodements raisonnables des dernières années, on est obligé de constater que le Québec francophone n’est pas le pôle d’intégration principal des immigrés.

Cela ne veut pas dire que nous ne parvenons pas à québéciser un grand nombre d’immigrants. Cela veut dire que nous n’en intégrons pas assez.

Canada

L’anglicisation de Laval est la conséquence tout à la fois de notre négligence en matière migratoire, de la faiblesse de nos lois linguistiques et de notre entêtement à demeurer dans une fédération cana­dienne qui nous condamne à une faiblesse politique et identitaire structurelle.

Deux urgences s’imposent : réduire significativement les seuils d’immigration et renforcer sérieusement la loi 101. Et une troisième : sortir du Canada et faire l’indépendance.