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Pas question de toucher aux tarifs d'électricité, dit Pierre Moreau

Malgré la « spirale de la mort », le ministre Moreau mise plutôt sur l’exportation d’électricité

Pierre Moreau mise sur l’exportation d’électricité pour faire face à la spirale de la mort, qui menacera éventuellement la rentabilité d’Hydro-Québec. 
Photo d'archives, Simon Clark Pierre Moreau mise sur l’exportation d’électricité pour faire face à la spirale de la mort, qui menacera éventuellement la rentabilité d’Hydro-Québec. 

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Pierre Moreau n’a pas l’intention de revoir la grille tarifaire d’Hydro-Québec pour permettre à la société d’État de mieux essuyer le choc de la « spirale de la mort ».

« On n’est pas là. On ne veut pas viser les tarifs d’électricité », affirme le ministre des Ressources naturelles lors d’une entrevue avec notre Bureau parlementaire.

Il croit plutôt que la société d’État doit diversifier ses revenus pour éviter le pire. Ce serait donc grâce à l’exportation, la venue de mégacentres de données énergivores et des investissements judicieux à l’étranger qu’Hydro-Québec pourrait faire des profits malgré la baisse de consommation résidentielle.

Il fait ainsi fi du souhait du PDG Éric Martel, qui affirmait en entrevue que « les tarifs et la réglementation » doivent faire partie de la réflexion sur la transformation énergétique qui frappe Hydro-Québec. Il n’a pas l’intention non plus de se servir des compteurs intelligents pour vendre l’électricité plus chère lors des périodes de pointe.

La « spirale de la mort »

Le Journal révélait la semaine dernière qu’Hydro-Québec allait faire face dans les prochaines années à un « bouleversement majeur » : l’autoproduction d’électricité à bas prix avec des panneaux solaires.

Le problème : les coûts d’Hydro-Québec sont fixes. Ses fils électriques et ses compteurs devront toujours être entretenus malgré la chute des ventes. La « spirale de la mort », c’est que cette diminution fera monter le prix de l’électricité, ce qui en retour rendra encore plus profitable les systèmes d’autoproduction.

« Payer le vrai coût »

Pour éviter ce choc, Pierre-Olivier Pineau de HEC Montréal propose une refonte de la grille tarifaire. Actuellement, la facture d’électricité comporte un frais fixe de 12 $ auquel s’ajoute la consommation d’électricité. Le chercheur croit que le frais fixe devrait être plus élevé et établi en fonction de la puissance maximale consommée.

Pierre-Olivier Pineau, Chercheur
Photo courtoisie
Pierre-Olivier Pineau, Chercheur

Par exemple, les propriétaires d’une maison qui activent la sécheuse tout en chargeant leur Tesla et en chauffant leur spa devront casquer un tarif mensuel de base plus élevé. « Les gens vont rester branchés au réseau, mais vont consommer moins. Il faudra faire payer le vrai coût du branchement », explique M. Pineau.

« Je comprends M. Moreau, il est en année préélectorale. Parler de tarifs électriques, c’est une pente glissante affreuse. Dès qu’un politicien en parle, les autres lui sautent dessus en disant qu’on s’attaque à un acquis québécois. Il veut éviter la controverse », note M. Pineau.