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Du logement en échange de relations sexuelles en France

Du logement en échange de relations sexuelles en France
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Certains propriétaires offriraient à des étudiantes et à des femmes vulnérables un logement en échange de faveurs sexuelles dans les grandes villes.

La semaine dernière, l’Express, un magazine français, a ramené dans l’espace médiatique ce phénomène.

Ce genre d’offres se retrouve sur plusieurs sites web destinés aux petites annonces et elles sont explicites, lit-on dans le reportage. « Jeunes femmes », « jolies », « douces », de type « africain ou européen », toutes ces annonces précisent qu’elles sont destinées à des femmes précaires, en difficulté ou encore étudiantes. Dans la plupart des cas, le nom des femmes n'est pas inscrit sur les baux.

L’Express s’est créé une fausse identité et a écrit à certains propriétaires. « Mariana », une étudiante de 22 ans, a eu des réponses comme une colocation en échange d’une à deux relations sexuelles hebdomadairement. « Bonjour – Appart en échange de sexe – Si intéressé Photo et origine » est également un message que le média a reçu.

Lila*, une jeune femme interviewée par l’Express, raconte avoir vu sa boîte de courriels exploser de messages indécents après avoir publié une annonce pour dire qu’elle recherchait un appartement et que c’était urgent. Lors d’une rencontre, le propriétaire lui a donné ses conditions... c’est-à-dire des rapports sexuels de temps en temps. On lui propose aussi explicitement « un appartement contre une nuit de sexe par semaine ».

Une autre femme, Amelia*, déclare qu’en 2015, lors de son arrivée, on lui a proposé des « échanges de services » contre un loyer, à la suite d’une annonce publiée sur Le Bon Coin. Avant de lui faire ce genre d’offres, on lui demandait si elle était seule et si sa famille habitait proche. On lui propose aussi des prix moins élevés pour des photos d’elle nue ou même en échange de fellations.

« Ces hommes ont l'air de jouer sur la fragilité sociale et financière des étudiantes. J'avais la chance de pouvoir prendre mon temps pour trouver un logement décent, mais pour les filles moins bien entourées, c'est autre chose de lutter contre la peur d'être à la rue », a-t-elle expliqué.

D’autres exemples de ce type apparaissent dans l’article de l’Express, mais ce n’est pas la première fois que ce sujet fait les manchettes à travers le monde. En avril 2016, ce genre d’annonce à Vancouver avait aussi fait réagir.

En juillet dernier, le secrétaire à la Justice d’Angleterre, David Lidington, indiquait que cette pratique était contre la loi. Le député Peter Kyle avait fait la promesse qu'il forcerait les sites web à bannir ce genre d'annonces. Il avait porté ce dossier auprès du ministère de la Justice. 

En 2013, Le Figaro en faisait aussi mention dans le cadre d'un débat sur le projet de loi Duflot. Il existait un amendement pour « rendre pénalement responsables les sites ou journaux publiant ou diffusant des annonces conditionnant de manière implicite ou explicite la location ou le prêt d'un logement à des relations de nature sexuelle, en assimilant cette pratique à du proxénétisme ». L'amendement avait cependant été retiré puisque selon la ministre du Logement, Cécile Duflot, « des dispositions pénales de la loi sur le harcèlement sexuel votée en juillet 2012 pouvaient concerner ce phénomène ». 

En 2017, toujours dans Le Figaro, un article sur le fait que les réseaux sociaux dénonçaient cette pratique est également paru.

*Il s’agit de noms fictifs.