/news/society
Navigation

Cannabis : Un député libéral veut permettre le dépistage aléatoire

nicolas di lorio
Photo d'archives, Sarah-Maude Lefebvre Nicola Di Iorio

Coup d'oeil sur cet article

OTTAWA | Un député libéral fédéral et guru de la sécurité routière souhaite que son gouvernement permette aux entreprises de faire du dépistage aléatoire de drogues auprès de leurs employés après la légalisation du cannabis.

«Les tests aléatoires sont permis aux États-Unis, mais ils ne le sont pas au Canada à cause de restrictions concernant le droit à la vie privée. Comme promoteur de la sécurité routière, je dis : le droit à la vie prime sur le droit à la vie privée», a indiqué le député Nicola Di Iorio en entrevue avec Le Journal après une rencontre avec des chefs d’entreprises importantes dans l’industrie du camionnage.

À ce jour, la jurisprudence légale indique que le dépistage aléatoire de drogue par un employeur contrevient généralement à la Charte des droits et libertés de la personne. Ainsi, les entreprises sont extrêmement limitées dans leurs pouvoirs de demander un test à un employé, et peuvent généralement seulement le faire seulement lorsqu’ils ont plusieurs indices qui démontrent que le travailleur a les facultés affaiblies.

Or, autant M. Di Iorio et l’Association du camionnage du Québec (ACQ) sont du même avis : lorsque le cannabis sera légal, il faudra absolument permettre aux employeurs de tester leurs employés. Pour l’instant, le gouvernement fédéral ne s’est pas prononcé officiellement sur la question.

Pour sa part, le porte-parole de l’ACQ, Marc Cadieux, fait valoir que tout camionneur qui conduit entre le Canada et les États-Unis doit déjà se soumettre à un dépistage aléatoire, selon la loi américaine.

Appliquée partout

Outre l’industrie du camionnage, M. Di Iorio croit que la possibilité de faire du dépistage de drogue aléatoire devrait s’appliquer dans toute compagnie qui a une politique de tolérance zéro pour la drogue et qui travaille auprès du public.

«Comme citoyen, comme intervenant et comme député, je suis d’avis qu’on peut en faire plus. La prohibition sur les tests aléatoires remonte à 25 ans [...] On adopte présentement une loi pour légaliser le cannabis, et il faut faire entendre la voix du public dans le dossier du dépistage», continue le député, qui est aussi un avocat en droit du travail.

Pas question que ce soit l’employeur qui collecte les données, nuance-t-il. Selon lui, l’idéal serait que les entreprises doivent se tourner vers des laboratoires indépendants pour tester leurs employés. Ainsi, si aucune trace de drogue n’est décelée, aucune information personnelle n’est transmise à l’employeur.