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Il veut une peine exemplaire pour le proxénète de sa fille

Un pimp impliqué dans la vague de fugues d’un centre jeunesse plaide coupable

Plusieurs adolescentes ont fugué du centre jeunesse de Laval au début de 2016. Certaines ont été recrutées par des criminels.
Photo d’archives Plusieurs adolescentes ont fugué du centre jeunesse de Laval au début de 2016. Certaines ont été recrutées par des criminels.

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Le père d’une adolescente tombée dans les griffes d’un proxénète lors de la vague de fugues au centre jeunesse de Laval se réjouit que celui-ci ait enfin reconnu sa culpabilité et espère qu’il passera de nombreuses années en prison.

« Il faut une sentence exemplaire pour le mettre à l’ombre le plus longtemps possible. Ces gars-là, ce sont des tueurs d’âmes qui détruisent la vie de nos enfants », affirme sans détour le père de famille de Laval dont nous taisons l’identité pour protéger celle de sa fille.

Il souhaite ardemment que le proxénète qui a « fait faire des choses dégueulasses [à sa fille] » passe 10 ans derrière les barreaux, soit deux fois plus que la peine minimale prévue par la loi.

« Sinon, il va ressortir et faire la même chose sur le dos d’une autre fille, c’est tellement lucratif », déplore le père de famille.

Ce « tueur d’âmes » dont il parle, c’est Jean-Louis Kouadio. L’homme de 24 ans a plaidé coupable hier à une accusation d’avoir recruté et exercé un contrôle sur une mineure pour qu’elle offre des services sexuels moyennant rétribution pendant une dizaine de jours.

La victime de 16 ans a fait la rencontre du proxénète par l’entremise d’une autre jeune fille fréquentant le centre jeunesse de Laval. Il avait été convenu que l’ado fuguerait pour rejoindre Kouadio lors d’une sortie en janvier 2016.

Jean-Louis Kouadio, Coupable
PHOTO courtoisie, POLICE DE LAVAL
Jean-Louis Kouadio, Coupable

 

1800 $ en une journée

L’adolescente, dont le proxénète avait offert les services sexuels sur des sites d’escortes, a dû recevoir des clients à répétition dans des condos et des hôtels de Laval et Montréal. Le même manège s’est ensuite poursuivi pendant une semaine, à Toronto, avant que la police ne la retrace.

Kouadio a acheté de nouveaux vêtements à la jeune fille, prenant soin de faire disparaître ceux qu’elle portait lors de sa fugue, médiatisée par la police de Laval.

Elle devait remettre tous ses gains à son pimp, dont elle était éperdument amoureuse, d’après ce que la procureure de la Couronne a relaté au juge Marc-André Dagenais, au palais de justice de Laval.

Lors d’une journée, la victime a même donné jusqu’à 1800 $ à Kouadio.

« Sous son emprise »

« Elle était complètement sous son emprise. Il lui avait promis de la marier, de lui donner une grosse bague quand elle sortirait du centre jeunesse », a détaillé Me Karine Dalphond hier.

Détenu depuis mai 2016, Jean-Louis Kouadio reviendra en cour le mois prochain pour les représentations sur sentence. Maintenant majeure, la victime travaille à temps plein et n’a plus aucun lien avec le milieu criminel.

Ce n’était pas la première fois que Kouadio manipulait une mineure de la sorte. En septembre 2015, il a exigé qu’une autre ado du centre jeunesse se prostitue pour son compte dans un hôtel de Montréal pendant un week-end. Il a également plaidé coupable à cette accusation hier.