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Avions C Series de Bombardier : la vente à Airbus était « inévitable », dit Anglade

STOCKQMI-AVION
Photo d’archives, Joël Lemay

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Litige commercial avec Boeing ou non, il était carrément « inévitable » que Bombardier finisse par céder son programme d’avions C Series à l’européenne Airbus, s’est défendu lundi Dominique Anglade, la ministre de l’Économie du Québec.

Le Québec, l’un des principaux actionnaires du programme d’aéronefs, s’attendait dès le début de sa participation à ce que Bombardier ait à aller voir ailleurs pour assurer la survie du C Series, a-t-elle soutenu.

Québec a investi 1 milliard $ US dans la Société en commandite Avions C Series en 2015. À l’époque, le gouvernement détenait 49,5 % du programme, une part qui a chuté à 38 %, puis 37 %. Lorsque Bombardier a cédé pour 0 $ la majorité du programme C Series à Airbus, en octobre, la part du gouvernement du Québec dans la société a chuté à moins de 19 %.

Cette transaction survenait alors que Bombardier était sur le point de se faire imposer une surtaxe de près de 300 % sur chaque avion C Series vendu aux États-Unis. Mais dans une décision unanime, vendredi dernier, le département américain du Commerce (DOC) a renversé ce verdict, qui découlait d’une plainte placée par Boeing contre l’entreprise québécoise.

Pas une erreur

Était-ce donc une erreur de vendre le C Series à Airbus ? « Absolument pas. Je ne pourrais être plus claire. [...] Il fallait absolument un troisième joueur pour nous permettre d’aller chercher de nouvelles commandes d’avions. C’est arrivé grâce à l’entente avec Airbus », a dit Mme Anglade.

En effet, Bombardier n’avait vendu aucun C Series depuis plus d’un an lorsqu’Airbus a volé à sa rescousse, en plein conflit avec Boeing.

« Il n’y avait pas d’autres options [que de céder la majorité du programme à Airbus], ajoute-t-elle. Quand on a présenté l’entente avec Airbus, pour avoir regardé toutes les options sur la table, c’était inévitable. »

Une usine en Alabama

Cette entente prévoit notamment la construction d’une usine C Series en Alabama, ce qui signifie que celle de Mirabel demeurera ouverte, mais qu’elle n’alimentera pas les clients américains du programme C Series. À l’avenir, celui-ci portera d’ailleurs le nom d’Airbus, et non celui de Bombardier.