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Diversité au travail: Montréal doit donner l’exemple

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C’est un fait. Maintes fois prouvé et documenté. Si vous vous appelez Mohamed ou Li Ming, plutôt que Sébastien ou Isabelle, il vous sera plus difficile de vous trouvez un emploi. Et si vous habitez à Montréal, ce sera encore pire!

Selon une étude de l’Institut du Québec, sur 17 grandes villes en Amérique du Nord, Montréal est la pire en terme d’inclusion.

Et ce n’est pas parce que les Montréalais issus de l’immigration sont moins scolarisés. Leur taux de diplomation universitaire de 33% est plus élevé que celui des «natifs» qui est de 24%. Mais ils accusent un taux de chômage deux fois plus grand.

Urgence d’agir

Depuis 10 ans, la métropole a perdu 10% de ses travailleurs. En 2026, on prévoit qu’un Montréalais sur cinq sera âgé de 65 ans et plus. Sans immigration, les besoins en main d’oeuvre ne seront pas combler et la vitalité économique de la métropole mise en danger.

L’immigration à elle seule ne règlera pas tout. Encore faut-il que les nouveaux arrivants puissent intégrer le marché du travail rapidement et dans des emplois à la hauteur de leurs compétences. Comment faire pour que les chauffeurs-de-taxi-ingénieurs (bien que tous ceux que j’ai rencontrés étaient absolument charmants) deviennent chose du passé?

Donner l’exemple

Bien-sûr, il y a le problème de la reconnaisse de l’expérience et des diplômes étrangers. Mais une des premières choses à faire serait que la Ville donne l’exemple. Sans aller aussi loin qu’imposer des quotas comme le propose le sociologue Gérard Bouchard, l’administration municipale pourrait faire autant d’efforts pour la diversité qu’elle en a mis pour la parité.

Pour une première fois dans l’histoire, lors des dernières élections municipales, la moitié des candidatures de Projet Montréal était féminines. Et avec ses 46 candidates, Équipe Coderre n’était pas loin du compte. Résultat : il y a jamais eu autant de femmes élues.

On ne peut en dire autant de la diversité. Le tiers des Montréalais sont issus d’une minorité visible et seulement 6 élus sur 103 (6%) le sont. Sans compter que les 17 membres du comité exécutif sont tous blancs.

Une administration municipale plus représentative enverrait un message positif à la population. Qu’en permettant à des Montréalais issus de l’immigration d’occuper des postes à la hauteur de leurs ambitions et à gagner un salaire décent, nous nous enrichissons tous collectivement. Et que dire de l’influence de ces «modèles» sur les jeunes immigrants.

C’est «win-win». Et comme dirait l’autre, c’est aussi parce qu’on est en 2018...


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