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Un policier de la SQ blâmé pour l’utilisation de son arme

L’agent a blessé trois étudiants lors d’une émeute à Victoriaville en 2012

Manifestants SQ
photo d’archives Le policier Denis Burelle, matricule 10477 (au centre), a tiré 10 projectiles en une demi-heure lors de l’émeute de Victoriaville.

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Un policier de la Sûreté du Québec vient d’être blâmé pour avoir manqué de prudence et blessé trois manifestants en utilisant son arme d’impact lors de l’émeute survenue en plein « printemps érable » à Victoriaville.

Dans une décision rendue lundi, le Comité de déontologie a conclu que l’agent Denis Burelle, « dépassé par les événements », avait contrevenu aux règles qu’il devait suivre lors de la manifestation du 4 mai 2012.

Ce jour-là, des centaines de manifestants protestaient contre la hausse des frais de scolarité devant le Centre des congrès de Victoriaville, où avait lieu une réunion du Parti libéral. Le rassemblement s’était vite transformé en émeute.

Viser le bas du corps

Denis Burelle était l'un des six policiers équipés d’armes d’impact sur les lieux de l'émeute. Ces armes projettent des balles de plastique, aussi appelées «bâtons cinétiques», à une vitesse pouvant atteindre 266 km/h.

Les armes de ce type sont utilisées pour « empêcher un individu d’accomplir tout geste ou manœuvre de nature à causer des blessures graves et immédiates à un policier ou à un citoyen », a précisé le Comité. Lorsqu’un agent y a recours, il doit éviter de viser certaines parties du corps, dont la tête et la colonne cervicale, sans quoi les projectiles peuvent être mortels.

Or, les tirs de l’agent Burelle ont atteint deux manifestants à la tête et une autre au bras, indique la décision.

Fractures et commotion

Alexandre Allard, un étudiant de l’Université Laval, a subi une fracture du crâne et une double commotion cérébrale. Il est désormais partiellement sourd de l’oreille gauche.

L’étudiante Dominique Laliberté-Martineau a souffert d'une double fracture de la mâchoire et Magali Paquin, étudiante au doctorat, a été blessée à l’avant-bras.

Dominique Laliberté-Martineau a subi une double fracture de la mâchoire.
photo d’Archives
Dominique Laliberté-Martineau a subi une double fracture de la mâchoire.

Les trois étudiants « n’étaient aucunement menaçants pour les policiers », a tranché le Comité, précisant qu’ils n’avaient rien dans les mains et n’avaient lancé aucun projectile.

Le Comité tiendra prochainement une audition afin de déterminer quelle sanction sera imposée au policier Denis Burelle.

M. Allard et Mme Laliberté-Martineau n’ont pas souhaité accorder d’entrevue à ce sujet, et Le Journal n’a pas réussi à joindre Mme Paquin lundi.

La SQ a refusé de commenter.

– Avec l’Agence QMI