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L'opposition s'inquiète d'un possible copinage entre le PLC et l'industrie du cannabis

Bloc Parlement d'Ottawa
PHOTO AGENCE QMI, MATTHEW USHERWOOD

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OTTAWA | À quelques mois de la légalisation de la marijuana au pays, l’opposition fédérale flaire un scandale dans la présence de nombreux proches du Parti libéral du Canada (PLC) au sein de l’industrie du cannabis. Le gouvernement Trudeau, lui, minimise la portée de ces liens.

«On l’a vu avec le scandale des commandites dans le passé, on dirait que c’est dans la culture des libéraux d’avoir des amis qui profitent du système», a dénoncé le député conservateur Alain Rayes, accusant le parti de favoriser ses proches pour qu’ils aient une longueur d’avance sur les autres investisseurs.

Le Journal de Montréal a révélé mardi que Pierre Pettigrew, ancien ministre fédéral de la Santé et ténor libéral de l’ère Chrétien-Martin, était un des principaux administrateurs de Belgravia Capital International. La firme finance notamment un programme de fidélité pour les consommateurs et producteurs de cannabis.

Ce nom s’ajoute entre autres à celui de trois autres ministres libéraux de la Santé dans l’industrie du cannabis, ainsi qu’à ceux de l’ancien ministre libéral Martin Cauchon et de l’ancien trésorier du PLC, Chuck Rifici.

Pour les néodémocrates, tous ces individus liés au parti pourraient justifier l’empressement, décrié de toutes parts, du gouvernement à faire adopter le projet de loi C-45 d’ici juillet. «Est-ce qu’il répond aux pressions de ses amis? Ça expliquerait pourquoi les libéraux restent insensibles aux demandes des provinces de reporter la légalisation à plus tard», a constaté le député de Rosemont, Alexandre Boulerice.

Le bloquiste Rhéal Fortin a comparé à un casse-tête les révélations au sujet des anciens libéraux, affirmant qu’on commençait à voir le «big picture».

En conférence de presse au Parlement, le premier ministre du Canada a rappelé que «bien des gens sont en train d'investir» dans l’industrie. «Julian Fantino n'est d'aucune façon un ancien libéral», a souligné

Justin Trudeau, en référence à l’ancien ministre conservateur qui a lancé en novembre dernier une compagnie de cannabis médical.

Ceux qui accusent le gouvernement d’entretenir des liens incestueux avec des anciens du parti font de la «politique-fiction», a pour sa part soutenu, le ministre de la Famille, Jean-Yves Duclos.

La ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier, a nié qu’il y avait un malaise au sein du cabinet face à la présence d’anciens libéraux dans l’industrie.

Le gouvernement est également resté évasif mardi quant aux préoccupations liées aux investissements provenant des paradis fiscaux dans l’industrie du cannabis. «L’équité fiscale est primordiale pour les Canadiens. On va continuer de travailler dans ce sens-là», a indiqué Mme Lebouthillier.