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Une patineuse québécoise représentera la France aux Jeux olympiques

Une patineuse québécoise représentera la France aux Jeux olympiques
Photo AFP

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Marie-Jade Lauriault, de Sainte-Anne-des-Plaines, dans les Laurentides, vivra son rêve olympique à Pyeongchang, mais sous les couleurs de la France.

Il s’agit du pays d’origine de son partenaire de danse sur glace, Romain Le Gac, qui est également son mari.

Le couple de danseurs sur glace s’est embarqué dans le processus en sachant qu’il était en compétition avec Angélique Abachkina et Louis Thauron pour la dernière place restante au sein de l’équipe française de patinage artistique. L’autre billet pour les Jeux olympiques appartenait d’ores et déjà à Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron.

La paire Lauriault-Le Gac était vue comme favorite, mais le tandem Abachkina-Thauron lui soufflait dans le cou. C’est lors des Championnats d’Europe, présentés à Moscou du 15 au 21 janvier 2018, que le tout s’est joué : Lauriault et Le Gac ont pris le 12e rang contre le 16e pour Abachkina-Thauron.

«Nous étions habitués d’être ceux qui courraient après les autres pour les rattraper au classement, c’était la première fois que nous devions regarder derrière nous, nous sommes bien contents d’avoir conservé notre place», a indiqué la patineuse de 21 ans.

De la glace à la paperasse

Pendant qu’ils devaient se concentrer sur leur performance sur la patinoire, Lauriault et Le Gac étaient également impliqués dans une course contre la montre afin que Marie-Jade obtienne soit sa nationalité française ou son passeport français avant la composition de l’équipe.

Le couple réside au Québec, où il s’entraîne à l’École de patinage Montréal International sous la férule entre autres de Marie-France Dubreuil et Patrice Lauzon, mais ils ont dû se rendre souvent en France au cours de la dernière année pour finaliser la paperasse.

«On a pu continuer de s’entraîner quand on était en France en se rendant à Lyon où Romain [Le Gac] avait patiné avant de venir me rejoindre au Québec», a-t-elle mentionné.

Quelques jours après Noël, le 28 décembre précisément, Marie-Jade a reçu son plus beau cadeau, sa nationalité française. Un premier pas vers une participation aux Jeux olympiques, qui a été officialisée aux Championnats d’Europe.

Lundi dernier, elle a obtenu son passeport.

«C’est comme une double protection, a-t-elle lancé soulagée. Je me prépare maintenant à vivre ma première expérience olympique et j’ai bien l’intention d’en profiter au maximum. Nous allons être là du début à la fin.

«Notre objectif sur la patinoire sera de ne pas faire partie des quatre couples coupés après le programme court, a-t-elle poursuivi. Notre force est le programme libre et nous voulons pouvoir le présenter dans le cadre des Jeux.»

Un beau geste de la Fédération française

Devant les coûts faramineux que représente une visite en Corée du Sud et le prix des billets pour assister aux compétitions pendant les Jeux olympiques, Marie-Jade était résignée à devoir vivre l’expérience sans la présence de ses parents qui l’ont toujours appuyée durant sa carrière. Mais la Fédération française de patinage artistique a posé un geste qui est allé droit au cœur de l’Anneplainoise.

«Ils ont offert à nos parents les billets d’avion et les billets pour assister à nos prestations. Ma mère était très émue et c’est un geste qui est très apprécié. Ça démontre leur appui auprès de leur athlète.»

 

Pourquoi la France ?

Une patineuse québécoise représentera la France aux Jeux olympiques
Photo AFP

 

En 2014, Marie-Jade Lauriault se retrouvait sans partenaire, elle qui formait la paire avec Pierre-Richard Chiasson depuis une dizaine d’années. Ce dernier a décidé d’arrêter de faire de la compétition, mais n’a pas abandonné le patinage pour autant. Il fait partie de la troupe «Disney on ice» qui parcourt le monde.

Au cours de l’année, le couple s’était joint à l’École de patinage Montréal International lancée par Marie-France Dubreuil et Patrice Lauzon, à qui s’est greffé l’entraîneur français Romain Haguenauer.

Sachant que son ancien élève, Romain Le Gac, se retrouvait sans partenaire, Haguenauer l’a fait venir pour tenter l’expérience.

En danse sur glace, les partenaires ont tendance à avoir une grandeur similaire. Marie-Jade mesure 4 pi 11 po et Le Gac fait presqu’un pied de plus, ce qui en laissait plusieurs sceptiques. Une semaine après le début de l’essai, il a décidé de traverser l’Atlantique pour un essai de trois mois. Quatre ans plus tard, ils participeront aux Jeux olympiques.

Mais pourquoi la France si tout le monde demeure à Montréal?

«Nous avons choisi de représenter la France parce que Romain [Le Gac] avait déjà fait des compétitions internationales sous les couleurs de ce pays et qu’il aurait fallu attendre un an pour endosser les couleurs du Canada, mais encore aurait-il fallu que la Fédération française accepte de le laisser aller, a mentionné Lauriault. De plus, la compétition est un petit peu moins relevée en France qu’ici au Canada.»

Couple sur et hors de la glace

Ce que Romain Haguenauer ne savait pas, c’est qu’il venait de jouer les entremetteurs puisqu’en décembre 2015, Lauriault et Le Gac ont convolé en justes noces lors d’une cérémonie qui s’est déroulée à Sainte-Anne-des-Plaines.

«Rapidement, nous avons eu une belle complicité et les sentiments se sont développés. Nous sommes devenus un couple en dehors de la glace, a-t-elle raconté. On nous alors dit que de se marier allait accélérer le processus pour obtenir ma nationalité. Oui, ç’a penché dans la balance, mais honnêtement, le mariage serait arrivé un jour ou l’autre. Nous étions prêts à nous engager l’un envers l’autre et, en plus, ça nous aide sur la glace.»

À la suite des noces, les tourtereaux ont dû se rendre au consulat général de France à Montréal pour rendre le mariage officiel, selon les papiers français.